Syngué Sabour : Pierre de patience – Atiq Rahimi



Quatrième de couverture : 

 » Cette pierre que tu poses devant toi… devant laquelle tu te lamentes sur tous tes malheurs, toutes tes misères… à qui tu confies tout ce que tu as sur le coeur et que tu n’oses pas révéler aux autres… Tu lui parles, tu lui parles. Et la pierre t’écoute, éponge tous tes mots, tes secrets, jusqu’à ce qu’un beau jour elle éclate. Elle tombe en miettes. Et ce jour-là, tu es délivré de toutes tes souffrances, de toutes tes peines… Comment appelle-t-on cette pierre ?  » En Afghanistan peut-être ou ailleurs, une femme veille son mari blessé. Au fond, ils ne se connaissent pas. Les heures et les jours passent tandis que la guerre approche. Et la langue de la femme se délie, tisse le récit d’une vie d’humiliations, dans l’espoir d’une possible rédemption.

 


Ma « touche » perso :

Ce qui m’a le plus marqué dans cette histoire, c’est que les personnages n’ont pas d’identités ! Pas de nom ! Cette femme qui veille sur son mari, elle une femme parmi tant d’autres. Elle n’a pas besoin de nom puisque de toute façon c’est la femme DE . Et son mari n’est pas identifié non plus puisque c’ est un soldat comme beaucoup d’autres hommes de son pays. Ils ont perdu depuis longtemps ce qui fait d’eux des individus à part entière.


La femme me direz-vous n’a que peut de considération dans son entourage (mariée à un homme qu’elle ne connaît pas, esclave de son mari, et j’en passe). Oui mais un homme invalide aussi dans ce roman! Abandonnés de tous! De leur famille, de leur armée et même de leur Dieu ! 

Tout est cadencé. Au rythme de la respiration de l’homme. Au rythme des prières du Mollah. Au rythme des bombes !
Et plus on avance dans ce roman, plus cette femme se retrouve une identité. Elle parle d’elle! Se confie! Enfin elle peut être quelqu’un et partager sa vie, sa vision des choses et son plaisir. Oui mais à quel prix ..

Point d’impact :

« 
Debout. Sa main gauche égrène toujours le chapelet noir. « Je peux même te dire qu’en mon absence tu as respiré trente-trois fois. » Elle s’accroupît. « Et même là, en ce moment, lorsque je te parle, je peux compter tes souffles. » Elle lève le chapelet pour le tenir dans le champ incertain du regard de l’homme. « Voilà, depuis mon arrivée, tu as respiré sept fois. » Elle s’assoit sur le kilim et continue : « Mes journées, je ne les divise plus en heures, et les heures en minutes, et les minutes en secondes…une journée pour moi égale quatre-vingt-dix-neuf tours de chapelet ! »« 

« 
Je ne sais pas ce qui m’arrive. Mes forces défaillent de jour en jour. Comme ma foi. Tu dois me comprendre. » Elle le caresse. « J’espère que tu arrives à penser, à entendre, à voir… me voir, m’entendre… » Elle s’adosse au mur, et laisse passer un long moment-peut-être une dizaine de tours de chapelet, comme si elle l’égrenait encore au rythme des souffles de l’homme-, le temps de réfléchir, de partir dans les recoins de sa vie, et puis de revenir avec des souvenirs : « Tu ne m’as jamais écoutée, tu ne m’as jamais entendue ! Nous n’avons jamais parlé de tout cela« 


Palmarès de l’AUTEUR:

Atiq Rahimi est un auteur et réalisateur Afghan né en 1962.

Son premier long-métrage, Terre et cendres a obtenu le prix Regard vers l’avenir au Festival de Cannes 20043, 

Il a reçu le Prix Goncourt le 10 novembre 2008 pour son roman « Syngué sabour. Pierre de patience ».


Continuer avec l’AUTEUR:

 
 


 

 

Mon Score !
4-5-bis


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