Sans garde-fou – Françoise Henry

Quatrième de couverture:

Nous sommes à Paris, de nos jours. Un des locataires du rez-de-chaussée d’un immeuble modeste n’est pas « comme les autres ». Farfelu ? Simple d’esprit ? Dérangé ? Acculé à la misère, il disparaît soudain. Sonia, une assistante sociale qui avait tenté de l’aider sans y perdre son propre équilibre, part à sa recherche. C’est la nuit. Elle se remémore des images, des souvenirs des quelques mois durant lesquels ils se sont côtoyés, connus, aimés peut-être…
Sans garde-fou n’est pas seulement l’histoire d’un homme « différent »: c’est le roman des rêves enfouis et des amours interdites, dans une société que domine la norme.


Ma « touche » perso:

C’est un roman qui traite de la différence. Celle de personne légèrement déficiente mentale, pas assez pour être internée mais  suffisamment pour être en marge de notre société. 

Albert est donc notre personnage principal. Les uns diront qu’il est farfelu, les autres qu’il est fou. Toujours est-il qu’il vit seul dans un petit appartement au rez-de-chaussée d’un immeuble social. Seul car rejeté par sa sœur, sa seule famille.  Il parle fort, il est bruyant et il cherche le contact avec les autres en leurs parlant quelques soit l’heure de la journée ou de la nuit. 

« Même s’ils l’ignoraient car ils étaient pressés, ils n’éprouveraient pas d’agacement envers lui, juste de l’indifférence – et l’indifférence n’est jamais condamnable n’est-ce pas …? »

Sonia, une magnifique femme dans la quarantaine, prend la responsabilité de s’occuper de lui, le fils d’un couple d’amis de ses parents. Elle est attendrie par cet homme qui pourrait être beau, qui a un regard parfois déroutant, qui cherche à être aimé et ne supporte plus la solitude.

L’histoire commence par un coup de téléphone, il est trois heure du mat’. Personne au bout du fil, Sonia sait que c’est lui. Cela fait un an qu’elle ne sait pas où il est. Elle décide de partir à sa recherche.

En parallèle, les voisines d’André racontent la vie dans cet immeuble, la vie à proximité de cet homme . On sent une tendresse pour cet homme spécial ou au contraire une exaspération ..

..la gardienne, et que cela fasse le tour de l’immeuble, que Mr A pouvait être en proie à des hallucinations visuelles de scènes fantastiques, tel ce sauvage assaut nocturnes. Qu’il vivait pour ainsi dire entre deux mondes, qu’il flottait, égaré, d’un univers à l’autre. Qu’il occupait d’ailleurs le studio réservé, dans quota des logements sociaux, aux « personnes handicapées mentales

Il y a beaucoup de sensibilité dans ce roman, de tendresse pour ce personnage. On se demande ce qui a bien pu tout faire basculer, lui qui était tel un funambule sur sa corde légèrement distendue. On se demande si c’est lui qui vit à côté de notre société tel un monde parallèle ou si au contraire ce n’est pas plutôt le monde dans lequel on vit qui n’est pas fait pour lui.

Sans garde-fou, ce titre prend tout sa dimension maintenant que nous avons les yeux grand ouvert.
Un beau roman.

Mon score:

3-5-bis



Palmarès de l’AUTEUR:

Françoise Henri est comédienne et auteur de pièces radiophoniques. 

Elle a publié Eclatements (poésies), Journée d’anniversaire (Calmann-Lévy, 1998), Le Postier (Calmann-Lévy, 1999), Un Amour malheureux (Pauvert, 2000), Mémoires d’un oiseau (Pauvert, 2002), La Lampe (Gallimard, 2003). 

Son titre chez Grasset, en 2006, Le Rêve de Martin, a obtenu le prix Marguerite Audoux. 

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