Tête à tête avec Alexandre Feraga

Notre invité d’honneur de ce tête à tête n’est autre qu’ Alexandre Feraga, auteur du roman « Je n’ai pas toujours été un vieux con » . Je suis heureuse d’avoir la possibilité de découvrir un peu plus cet auteur dont le roman m’a beaucoup plu (le retour ici) et par la même occasion vous permettre de faire peut-être sa découverte! Et je vous rappelle de lire son roman !

Quel lecteur « jeunesse » étiez-vous ?
Je suis venu à lecture assez tard. Il n’y avait pas de livres chez mes parents. Mais, je me souviens que j’aimais beaucoup les Picsou Géants que je trouvais chez les copains ou à l’école. Il y a quand même un auteur qui m’a émerveillé et qui a probablement eu un impact sur mon imaginaire, cet auteur c’est Jules Verne. Je peux dire que c’est à l’âge de 12-13 ans que ma vie de lecteur a basculé, avec les romans de Stephen King.

Pouvez-vous nous parler du livre qui vous a le plus marqué?

Un des livres qui m’a le plus marqué est Le désert des Tartares de Dino Buzzati. (je le cite en exergue au début du vieux con). C’est un roman d’une noirceur poétique incroyable. C’est l’histoire du jeune officier Giovanni Drogo, tout juste promu et affecté au fort Bastiani. Il est chargé, avec d’autres, de surveiller le Désert des Tartares où l’ennemi est attendu prochainement. L’ennemi ne vient pas et durant plusieurs décennies, Giovanni Drogo va monter en grade, assurer jusqu’au bout cette absurde mission et vieillir dans ce fort qui l’obsède au point de ne pouvoir le quitter. C’est un livre sur le temps qui fuit et notre impuissance face à l’angoisse de vivre. 

 
Comment en êtes-vous arrivé à l’écriture ?

Je me suis mis à écrire parce que j’étais d’une timidité maladive et que les mots trébuchaient avant de sortir de ma bouche. L’écriture est venue d’une frustration de ne pas savoir parler.

Dans quelles conditions écrivez-vous ?

J’écris en musique et seul. Ce qui est une contradiction ! Disons que j’écris accompagné par la musique. J’écris plusieurs heures par jour et quasiment tous les jours depuis un an. Depuis la sortie de mon premier roman. Je m’astreins à cette discipline parce que je peux facilement devenir un être dilettante, et que la pratique régulière de l’écriture donne des automatismes et entretien la forme. Sinon, mes pensées rouillent.

 
Dans votre roman « Je n’ai pas toujours été un vieux con » vous abordez la vieillesse de façon légère et beaucoup d’humour. Est-ce votre façon d’aborder la vie ?

Je pense que la vie devrait se dérouler comme une grande farce, et qu’on devrait tous éclater de rire plusieurs fois par jour, au lieu de théoriser en permanence le moindre de nos gestes. Mais, malheureusement, je n’arrive pas à habiter cette conviction. Je suis poreux à la tristesse des gens, le moindre écueil peut me flinguer pour la journée. Je tombe facilement dans la nostalgie et il m’arrive souvent d’être angoissé par la journée à venir, comme Drogo ! L’écriture permet d’évacuer tout ça. La naissance de ma fille me soigne aussi beaucoup !

Votre personnage principal est assez complexe, même s’il y a bien pire que lui, ce n’est pas non plus le brave type. Que cherche t’il, l’absolution ?

Léon Pannec n’est pas un saint. Il a essayé de remplir sa vie comme il pouvait. Il a fait de jolies choses et d’autres beaucoup plus inavouables. C’est un être qui s’est construit dans la fuite, incapable d’accepter les échecs comme les plus belles histoires d’amour. Mais, le passé va venir régler ses comptes avec lui. Ce qu’il va accepter sans aucun problème, parce qu’une dernière et belle histoire d’amitié en dépend.

 
Quel est le rôle d’un auteur pour vous?

Pour moi, le rôle d’un auteur est précisément d’en avoir aucun. Je n’écris pas par idéologie. Je n’écris pas pour asséner des vérités. Je n’écris pas pour divertir. Je ne suis pas venu à l’écriture pour payer des factures, même si je l’accepterais volontiers ! Plus sérieusement, j’écris parce que je ne peux pas faire autrement. Je pense qu’avec un roman, l’auteur propose un rendez-vous dans un lieu public et que parfois ce lieu devient une place intime.

 
 
Je vous offre la possibilité de rencontrer l’auteur de votre choix, lequel choisissez-vous?

Si je pouvais rencontrer un auteur je souhaiterais faire le tour du Parc Montsouris avec Jacques Prévert.

Si vous pouviez ôter un défaut à l’humanité ..

Si je pouvais ôter un défaut à l’humanité, et bien ce serait Dieu.

 
Quel personnage de fiction aimeriez vous être ?

Si je pouvais être un personnage de fiction, je choisirais de devenir le coyote du cartoon. Pour régler définitivement son compte à Bip Bip.

 
La musique ou chanson qui vous donne des frissons?

La musique qui me fait frissonner (parmi tant d’autres) est Rio Anchode Paco de Lucia. 

 

Avez-vous un projet en cours que vous aimeriez partager avec nous ?

Mon deuxième roman sort dans un mois chez Fayard. Je peux vous donner le titre en exclusivité : La femme-comète.

(petite précision de ma part depuis nous avons une date le 30 septembre avec en exclu la couverture !)

 

Un grand merci pour vos réponses, je vous laisse le mot de la fin.

Je tiens à vous remercier d’avoir passé du temps avec mon vieux con. Je profite de votre interview pour remercier également les libraires, et plus généralement, toutes les personnes qui ont défendu mon premier roman. A très bientôt.

 
 
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