Grossir le Ciel – Franck Bouysse

Ma « touche » perso:

Voila un roman qui va vous chambouler. Il demande un peu de recul afin d’apprécier chaque mot.  Tous ont un sens, une poésie, une dimension. Ils sont là et bien là ! L’auteur a cette magie aux bouts de doigts, celle qui donne vie, qui emplie l’espace et qui vous touche.

Gustave dit « Gus » est un paysan, un de ceux qui ont gardé les valeurs d’antan. Il n’ambitionne pas la prospérité mais simplement vivre avec ses bêtes et son chien sur ses terres. Sans rien devoir à personne. Son voisin le plus proche, Abel, est un vieux bonhomme de la même trempe que lui. L’isolement les a rapproché, ils s’entraident, passent quelques moments ensemble, parlent à quelqu’un qui peut répondre! La vie est ainsi faite et les jours se suivent..

Comme chaque jour, Gus s’était levé tôt. Jusque-là, il enfilait ses journées les unes à la suite des autres, comme des perles sur un collier, la précédente ressemblant à la suivante: et ce jour de janvier 2006, le vingt-deux pour être précis, c’était une drôle de perle qu’il s’apprêtait à enfiler, une qui ne ressemblait pas vraiment à toutes les autres.

Tout pourrait continuer comme ça pendant longtemps, mais un coup de fusil vient bouleverser cette « plénitude » . Que se passe t’il chez Abel? Quel secret cache t’il? Le doute s’installe dans l’esprit de Gus et vient envenimer les relations des deux hommes.

Comme dit un peu plus haut, Franck Bouysse est un conteur, on resterait des heures à lire ces lignes où il nous pose un décors, des fermes d’un autre temps avec des conditions météorologiques très dures. On sent la neige crissée sous nos pieds, on entend les sons étouffés  et le froid nous pique les joues. On est en autarcie, une sorte de huis clos entre ces deux hommes et nous en observateurs. Et au-delà de cette intrigue, il y a l’histoire de ces deux hommes. Leurs drames familiaux.  

Un magnifique roman noir qui va vous émouvoir jusqu’à la dernière ligne..

Mon mot de la fin pour ceux qui ont déjà lu ce roman mais qui passent par là : Qu’il est triste de voir grossir ce ciel !


Mon score:

5-5-bis



Quatrième de couverture:

L’ abbé Pierre vient de mourir. Gus ne saurait dire pourquoi la nouvelle le remue de la sorte. Il ne l’ avait pourtant jamais connu, cet homme-là, catholique de surcroît, alors que Gus est protestant. Mais sans savoir pourquoi, c était un peu comme si l’ abbé faisait partie de sa famille, et elle n est pas bien grande, la famille de Gus. En fait, il n’ en a plus vraiment, à part Abel et Mars. Mais qui aurait pu raisonnablement affirmer qu’ un voisin et un chien représentaient une vraie famille ? Juste mieux que rien. C’ est justement près de la ferme de son voisin Abel que Gus se poste en ce froid matin de janvier avec son calibre seize à canons superposés. Il a repéré du gibier. Mais au moment de tirer, un coup de feu. Abel sans doute a eu la même idée ? Non.
Longtemps après, Gus se dira qu’ il n aurait jamais dû baisser les yeux. Il y avait cette grosse tache dans la neige. Gus va rester immobile, incapable de comprendre. La neige se colore en rouge, au fur et à mesure de sa chute. Que s est-il passé chez Abel ? 

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