Profession du père – Sorj Chalandon

Ma « touche » perso:

Profession du père est un roman magnifique et pourtant ce père est odieux ! Cet homme va faire vivre à son fils des choses absolument insensées ! Lorsque que l’on pense à la folie, on s’imagine la difficulté de vivre du patient, les traitements lourds et les contraintes de la prise en charge médicale, mais quand on est au sein même du foyer qui subit cette folie, que tout le monde ferme les yeux et se tait, alors nous ne ressentons plus de compassion pour le patient. Non, elle va aller à ce petit garçon qui est trop jeune pour comprendre que son roc, son idéal de père n’est pas sein d’esprit. Et que ce qu’il subit n’est pas dans la normalité!

Une profusion de sentiment va se mêler aux mots de l’auteur. Ce petit garçon devenu homme se raconte et tout commence par la sépulture du père. 

Nous n’étions que nous, ma mère et moi. Lorsque le cercueil de mon père est entré dans la pièce, posé sur un chariot, j’ai pensé a une desserte de restaurant. Les croque-morts étaient trois. Visages gris, vestes noirs, cravates mal nouées, pantalons trop courts, chaussettes blanches et chaussures molles. Ni dignes, ni graves, ils ne savaient que faire de leur regard et de leurs mains. J’ai chassé un sourire. Mon père allait être congédié par des videurs de boites de nuit.

Cela aurait pu être merveilleux pour ce gamin, de se dire que son père est un agent secret, un ancien chanteur, un futur-ex grand footballeur et j’en passe ….si à côté, il n’avait pas eu les entraînements, la peur, les missions et les coups…Oui, cela aurait pu être une vie sensationnelle car quel gosse n’a pas rêvé d’avoir un père différent …Mais voilà, ce père est différent, certes, mais il sévit en dictateur dans son foyer !

Mon père, ma mère et moi. Juste nous trois. Une secte minuscule avec son chef et ses disciples, ses codes, ses règlements, ses lois brutales, ses punitions. Un royaume de trois pièces aux volets clos, poussiéreux, aigre et fermé. Un enfer.

Ce roman pourrait être très difficile à lire mais il n’en est rien. Car cet enfant est pleins d’espoirs, de croyance et de volonté qui transpire à travers les pages. On a envie de l’accompagner jusqu’au bout de son chemin, de lui tenir la main. 

J’ai vraiment beaucoup aimé cette lecture, il frôle le coup de cœur ….

 

Mon score:

4-5-bis



Quatrième de couverture:

« Mon père a été chanteur, footballeur, professeur de judo, parachutiste, espion, pasteur d’une Eglise pentecôtiste américaine et conseiller personnel du général de Gaulle jusqu’en 1958. Un jour, il m’a dit que le Général l’avait trahi. Son meilleur ami était devenu son pire ennemi. Alors mon père m’a annoncé qu’il allait tuer de Gaulle. Et il m’a demandé de l’aider.
Je n’avais pas le choix.
C’était un ordre.
J’étais fier.
Mais j’avais peur aussi…
À 13 ans, c’est drôlement lourd un pistolet. »

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