La faux soyeuse – Eric Maravelias

 

Ma « touche » perso:

Lorsque j’ai commencé ce roman, je me suis dit : « C’est pas possible ! C’est trop noir pour moi. Toute cette misère, cette déchéance. » Je suffoquais au fur et à mesure des pages . Et puis, je me suis attachée à Franck. Même, s’il fait de grosses conneries, on espère avec lui. On a peur avec lui. On pleure avec lui.

Toute cette histoire se passe dans la banlieue parisienne courant des années 80. Franck est un jeune ado qui, comme beaucoup, passe plus de temps dans la rue que chez lui ou en classe. Sa bande de pote et lui sont un peu magouilleur au départ. Juste de quoi se payer quelques trucs. Mais l’arrivée de la drogue dans les banlieues va changer le comportement de ces jeunes.

On passe du présent au passé régulièrement, afin de comprendre la descente aux enfers de Franck ! Qui petit à petit perd pied, amis, confiance, amour, biens, apparence, fierté et identité.
Il n’est plus maître de lui-même. Comment l’être quand on est gouverné par la came et la peur du manque.

Cette souffrance est dur! L’auteur nous décrit tout, sans rien omettre. Et l’on prend conscience que tout le monde se désintéresse du sort de ces mômes. Personnes, ni les flics ni les institutions. Il faut remettre les choses dans son contexte cela dit ! C’est les débuts du trafic de drogue, l’arrivée du sida. Il n’y a pas l’information et la prévention de maintenant. Les mômes n’ont pas conscience qu’une fois embarqué là-dedans ils ne s’en sortiront pas ! Le manque, ils ne savent pas ! Le sida c’est les homos pas les toxicos !

Un roman qui vous laisse un goût amère dans la bouche ! Quand on fait le bilan à la fin de cette lecture du nombre de morts, on se sent nauséeux. Surtout quand on se rend compte de l’âge de ces victimes. Un roman qui vous ouvre les yeux aussi ! On comprend le changement de mentalité, de devoir faire le pire pour survivre un peu plus longtemps.

Magnifiquement écrit, on sent le vécu derrière les mots. Je pense que celui qui en parle le mieux reste l’auteur alors je termine cet article avec lui !

Mon score:4-5-bis

  • Originalité
  • Facilité de lecture
  • Charge émotionnelle
  • Dépaysement
  • Addictif
  • Instructif
  • Absence de longueur
  • Humour
  • Crédibilité
  • Coup de cœur



Quatrième de couverture:

La Faux Soyeuse est un roman noir, pas de doute. Très noir. Suivant la définition d’Aurélien Masson, le directeur de la mythique série noire, un roman noir se doit de respecter au moins trois critères. Un milieu, avec son langage et ses codes, des personnages vivants et attachants, et une intrigue.
Pour le milieu, avec La Faux, on a la tête dans le sac. On est en banlieue, près de Paris, et au fil des 253 pages, le lecteur traverse deux décennies. La folie des années 80, les vols, les braquages, la belle vie, l’amour, et l’arrivée en masse de la dope dans les quartiers, la glissade et la chute irréversible de Franck, le héros, triste héros, racaille toxicomane au cœur tendre. C’est une odyssée, poignante et pathétique, dure et sans pitié. Pas de rédemption. Pas de pardon. Mais c’est aussi poétique et tendre, parce que ce sont des hommes et des femmes, comme vous, avec un cœur qui bat. Mais trop vite. Trop fort.
Puis les années 90 et les ravages du Sida, la déchéance, la maladie, la mort.
J’ai voulu, avec La Faux Soyeuse, porter un témoignage sur ce que fut ma vie. Ne vous y trompez pas, c’est un roman. Franck n’est pas moi et je ne suis pas lui. Mais ce qu’il a vécu, je l’ai vécu, moi aussi. En grande partie. C’est un roman qui s’adresse à tous, de tous âges et de toutes conditions. C’est ce qui se passe aux pieds de vos immeubles. C’est ce qui s’y est passé, en tout cas. Dans toute sa cruauté. Vous en avez entendu parler, mais jamais vous ne pénétrerez ce monde mieux qu’avec La Faux Soyeuse. Et sans danger pour vous, sinon celui d’être hantés par ces hommes et ces femmes.
Vous allez les aimer. Malgré tout. Malgré leurs vices et leur laideur. Malgré leur langage et leurs esprits tordus. C’est ce que je veux. C’était mes potos. Nous étions des enfants.
Les personnages : Ils sont là, et ils vous balancent ce qu’ils sont au visage, sans honte. Le bon comme le mauvais. Et leur folie vous capture. Leurs démons vous pénètrent.
L’intrigue : Elle est simple, affreusement simple, horriblement simple. Pathétiquement simple. Mais elle est l’enchaînement, le destin, qui vous prend et vous pousse irrémédiablement vers la fosse. De violences en cris, en trahisons. D’amertume en amertume, il vous entraîne dans le chaos, sans répit.
Dans ce roman, pour ce qui est du style, j’avais comme une obsession. Unir E.Bunker et J.Lee Burke. Mes deux auteurs fétiches depuis toujours. Le style au scalpel de la rue, son langage cru, direct, et la poésie de Burke dans les descriptions de l’environnement. C’était presque inconscient, au début, et puis cette évidence m’a sauté aux yeux. C’est comme ça que je voulais écrire. C’est comme ça que j’écrivais déjà. J’ai travaillé dans ce sens.

Publicités

6 commentaires

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s