Tête à tête avec Jean-Marie Kassab

Suite à ma lecture de Les Yeux d’Astrid, j’ai souhaité en savoir un peu plus sur l’homme qui nous a offert ce roman si enrichissant.  Le Liban traverse les frontières et s’installe chez vous par l’intermédiaire de Jean-Marie Kassab qui a la gentillesse de répondre à mes questions. Un grand merci Monsieur Kassab.

 
Quel lecteur jeunesse étiez-vous ?

Etant jeune je dévorais carrément tout ce qui me tombait sous la main, et comme tout le monde, « le club des cinq » ou « le clan des sept » tenaient une bonne place sur mon étagère. Quelques petites années plus loin, je développai une nette préférence bien sûr pour la science-fiction, les récits de guerre ainsi que les thrillers. J’ai lu tout Jules Vernes. Isaac Asimov me fascinait et m’a même marqué j’ose dire. A ce jour, je préfère les auteurs qui ont quelque chose à dire ou avancer tout en vous racontant une belle histoire. Quant aux thrillers, l’auteur le plus lu de l’époque était Alistair Maclean et je ne m’en privais pas.

Pouvez-vous nous parler du livre qui vous a le plus marqué ?

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Question difficile à répondre puisqu’ils sont plusieurs. Mais je peux vous révéler que « Les mémoires d’Hadrien « de Yourcenar, ou « Season of migration to the north »de Tayeb Saleh dans sa version anglaise bien sûr, et aussi « The Great Gatsby » de Fitzgerald , figurent en bonne place sur ma table de chevet. Apres les avoir lus tellement de fois, ce n’est plus histoire qui m’enchante mais la quiétude que me procure leur narration. Ces romans me font du bien. Ils ressemblent à un morceau musical dont on ne se lasse jamais. Je devrai citer aussi et sans hésitation « Sinouhé l’égyptien »de Mika Waltari qui m’a rouvert les yeux sur une de mes grandes passions qui est l’histoire.

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Comment en êtes-vous arrivé à l’écriture ?

Tout un concours de circonstances. J’avais toujours voulu écrire sans y parvenir. Ecrire exige beaucoup de temps et d’effort qui pour un long moment m’était impossible à mobiliser. Il faut beaucoup de détermination et énormément de rigueur. C’est un projet à très haut risque pour un débutant. Avant tout il se peut qu’on s’arrête à n’importe quel moment pour n’importe quelle raison. Ensuite se faire publier est loin d’être évident, et si y on parvient les ventes risquent très forts d’être décevantes et en conséquent décourager la poursuite de l’entreprise.

Dans quelles conditions écrivez-vous ?

J’écris surtout le soir ou plutôt tard la nuit, une fois les tâches quotidiennes achevées, le travail / gagne –pain , le brotberuf comme l’appelait Kafka fini, et les enfants aux lit. C’est là où je plaque mon casque sur les oreilles et me mets au boulot et rédige en écoutant ma musique sans déranger la maisonnée. Il m’arrive de le faire le jour , mais souvent la qualité des textes que je pianote durant la journée reflète les tensions du moment et je me revois en train de tout effacer le soir même ou réécrire.

Dans votre roman, les yeux d’Astrid, le personnage principal perd tout afin de comprendre l’essentiel de la vie. Une totale reconversion. En lisant votre bio, on découvre que vous aussi vous avez choisi de changer de vie. Vous reconnaissez vous en Francis ?

L’auteur est partout dans ses personnages. Cela est inévitable. Un auteur qui consciemment refuse d’insuffler un peu de son âme dans son récit ou dans ses personnages fournirait un récit en plastique et des personnages factices et sans chair . On s’inspire tous des facettes de notre vie personnelle ou de notre expérience mais sans plus. Sauf qu’un bon auteur est censé avoir l’œil observateur et surtout savoir écouter les gens qui l’entourent de façon à pouvoir retranscrire tout ça dans son récit en y apportant l’intensité de sa plume dans le choix des mots.
Par contre je ne me reconnais pas du tout en Francis. Nos parcours sont différents. J’ai eu une enfance très heureuse quand la sienne l’était moins. Je n’ai jamais été riche, je n’ai jamais sacrifié ma famille pour mon travail comme lui l’a fait. Par contre. je partage certaines de ses idées vis-à- vis de beaucoup de sujets ou sa vision du monde.

Votre roman connait une belle réussite au Liban, et commence à se faire connaitre en France. A votre avis pourquoi touche t’il autant les lecteurs quelque soit le pays ?

Il est vrai que LES YEUX D’ASTRID est apprécié au Liban, j’espère qu’il le sera autant en France et les autres pays francophones où les ventes progressent aussi. Je dis « apprécié » simplement que les plus beaux retours que j’ai reçu à son propos sont ceux qui me prouvent que le lecteur a bien lu et approfondi le roman, et lui ait donné sa juste valeur et non comme un simple divertissement. De nombreuses personnes m’ont révélé que le roman leur avait ouvert leurs propres yeux et c’est là où j’estime avoir fait du bon travail.

Quel est le rôle d’un auteur pour vous ?

Un auteur est censé avoir des choses à dire au lecteur, bien sûr à sa façon et de la manière la plus agréable possible, et non seulement aligner de jolis mots. Un agent littéraire américain m’avait impressionné dans une interview en s’excusant auprès des nombreux auteurs dont il rejetait les manuscrits malgré les belles phrases dont leur roman est truffé. Cet agent se retrouvait selon lui avec de très jolis mots mais une fois le livre fermé, il ne lui restait aucune idée dans la tête, aucune émotion, aucune réflexion, aucun bienfait qui pourrait perdurer.

Je vous offre la possibilité de rencontrer l’auteur (encore vivant ou non) de votre choix, lequel choisissez-vous?

Vous me limitez à un seul quand j’aimerai les rencontrer tous. Mais puisque la question me semble utopique quoique bien intentionnée, je dirais Carl Sagan qui nous a quittés depuis quelques années. Nous partageons les mêmes passions, la conquête de l’espace, la science en général ainsi que la littérature. Nous aurions passé des nuits entières à papoter, les yeux vissés sur un ciel étoilé.

Si vous pouviez ôter un défaut à l’humanité.

Je dirai la cupidité ! Ce sentiment qui fait que l’homme veuille le bien des autres et non se suffire de ce qu’il a, ou faire l’effort d’en avoir plus sans faire du mal autour de lui. Ceci est valable aussi pour les collectivités ou les pays ca ce fut dans beaucoup de cas la cause des grandes guerres durant l’histoire.

Quel personnage de fiction aimeriez-vous être ?

Capitaine Jean-Luc Picard, le commandant de bord de la série Stark Trek joué par Patrick Stewart. La position, le travail (faire le tour de l ‘univers) , la sagesse bienveillante de ce personnage m’ont toujours fait plaisir.

(Je me permets d’intervenir …Vous avez trop de cheveux Monsieur Kassab !)

La musique ou chanson qui vous donne des frissons?

Je suis grand mélomane et le choix semble difficile. Je dirais sans doute « Rain »de Jose Feliciano.
Sachant qu’un gros tas d’autres musiques sont et seront toujours au top pour moi comme « Les moulins de mon cœur » la version Française de Frida Boccara ou celle en anglais de Dusty Springfield. Je devrai ajouter sans hésitation « The year of the cat « d’Al Stewart . Pour le classique, je dirai le requiem de Mozart , que j’ai écouté sans aucun doute des centaines de fois, surtout un passage dans un mouvement particulier ou deux petites notes me font réellement frissonner comme vous le dites.

 Avez-vous un projet en cours que vous aimeriez partager avec nous ?

Bien sûr. La continuation des Yeux d’Astrid qui est en cour de rédaction. La parution des versions du roman en d’autres langues. La parution de mon Thriller LE GUERISSEUR écrit avant Les yeux d’Astrid mais dont la parution a été retardée plusieurs fois de suite. Ceci dit je travaille sur plusieurs autres romans ainsi qu’une parution non fictive qui paraîtra dans quelques années

Un grand merci pour vos réponses, je vous laisse le mot de la fin.

Je voudrais vous remercier pour le temps accordé ainsi que les petites questions sympathiques auxquelles j’ai eu grand plaisir à y répondre.

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