Le quatrième mur – Sorj Chalandon

Ma « touche » perso:

Lorsque j’ai lu en décembre dernier « Profession du père » beaucoup d’entre vous m’ont conseillé de lire ce roman. C’est chose faite et je vous en remercie car j’ai passé plus de 300 pages sans m’en rendre compte, sans ennui et avec le plaisir de la plume de l’auteur.

Pourtant si l’on regarde la trame de l’histoire, on peut se dire que c’est basique ! Un homme par fidélité à son meilleur ami se retrouve à monter une pièce de théâtre à Beyrouth en pleine guerre.

Mais ce n’est pas si simple ! Georges est un ancien gamin qui collait des affiches pour la Palestine. Son amour fraternel pour son ami mourant, Sam qui a dû fuir la révolution grecque, poursuit son rêve de monter une pièce de théâtre , Antigone, en pleine guerre avec un acteur de chaque religions en conflit. Dans cette guerre civile, ils sont tous ennemis, dans cette pièce ils devront poser leurs armes.

La plainte du vent était revenue. Le souffle de la mer. Le vieux Palestinien s’est retourné sur le flanc, coude à terre et la joue dans la main. Il m’a observé. J’ai secoué la tête. Non, je ne pleurais pas. Je n’avais plus de larmes. Il m’a dit qu’il fallait en garder un peu pour la vie. Que j’avais droit à la peur, à la colère, à la tristesse.
(…) Sous sa moustache usée, il avait les lèvres ouvertes. J’ai cru qu’il allait m’embrasser. Il m’a observé. Il cherchait quelque chose de moi. Il est devenu grave.
— Tu as croisé la mort, mais tu n’as pas tué, a murmuré le vieil homme.
Je crois qu’il était soulagé. Il a allumé une cigarette, s’est assis sur ses talons. Puis il s’est tu, regardant la lumière fragile du dehors.
Et je n’ai pas osé lui dire qu’il se trompait.

L’auteur nous propulse en pleine guerre Libanaise, au milieu des bombes, de la barbarie. Nous avons d’un côté la France avec la famille de Georges et de l’autre le Liban avec les acteurs. La paix et la guerre. L’innocence et les atrocités. La sérénité et la peur. Et au milieu dans un équilibre précaire Georges se perd ! Et je me perd avec lui, car comment peut-on vivre après ça !

Le décor du livre :

Les acteurs : Ils sont Chrétiens, Druzes, palestiniens ….

un roman qui m’a profondément touché. J’aime particulièrement l’écriture de Sorj Chalandon. Il est pour moi un grand auteur que je conseille bien évidement.

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Mon score:

 
5-5-bis
  • Originalité
  • Facilité de lecture
  • Charge émotionnelle
  • Dépaysement
  • Addictif
  • Instructif
  • Absence de longueur
  • Humour
  • Crédibilité
  • Coup de cœur

 

Quatrième de couverture:

« L’idée de Samuel était belle et folle : monter l’Antigone de Jean Anouilh à Beyrouth. Voler deux heures à la guerre, en prélevant dans chaque camp un fils ou une fille pour en faire des acteurs. Puis rassembler ces ennemis sur une scène de fortune, entre cour détruite et jardin saccagé.
Samuel était grec. Juif, aussi. Mon frère en quelque sorte. Un jour, il m’a demandé de participer à cette trêve poétique. Il me l’a fait promettre, à moi, le petit théâtreux de patronage. Et je lui ai dit oui. Je suis allé à Beyrouth le 10 février 1982, main tendue à la paix. Avant que la guerre ne m’offre brutalement la sienne … »

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