Tête à tête avec Bob Garcia

J’ai eu le très grand plaisir d’assister à la conférence menée par Bob Garcia au salon de Saint Maur en poche. Le thème était Le polar Victorien. J’ai passé un si agréable moment que je suis repartie avec le livre de Bob et celui de l’invité Gilles Bornais.( J’avais déjà en ma possession et lu celui du deuxième invité !)
J’ai découvert un homme sympathique, drôle, très abordable. Sa personnalité m’a donné envie de découvrir très rapidement son roman et j’en suis ravie car c’est une lecture que j’ai beaucoup apprécié. Je vous invite d’ailleurs à lire mon retour si ce n’est pas déjà fait !
Il a eu la gentillesse de répondre à mes questions avec une rapidité folle tel un super-héro qui vient sauver une victime en détresse (clin d’œil pour l’homme chauve-souris) . Un énorme merci !

Quel lecteur « jeunesse » étiez-vous ?

J’étais surtout un lecteur asthmatique, souvent cloué sur une chaise… c’est à dire évadé dans les livres faute de pouvoir le faire au vrai. Je lisais tout. Jules Verne, bibliothèque verte, bandes dessinées, encyclopédies, tout…

Pouvez-vous nous parler du livre qui vous a le plus marqué ?

Notre Dame de Paris de Victor Hugo. L’impression d’y être. Truculent, brillant, virtuose, émouvant. Le tout servi par une écriture riche et flamboyante. Un régal.

Dans le Paris du XVe siècle, une jeune et superbe gitane appelée Esméralda danse sur le parvis de Notre Dame. Sa beauté bouleverse l’archidiacre de Notre-Dame, Claude Frollo, qui tente de l’enlever avec l’aide de son sonneur de cloches, le malformé Quasimodo. Esmeralda est sauvée par une escouade d’archers, commandée par le capitaine de la garde Phoebus de Châteaupers…
Comment en êtes-vous arrivé à l’écriture ?
Tardivement, vers 50 ans, à la suite d’un rêve (ou plutôt un cauchemar) alors que j’étais fiévreux et malade. Au réveil, j’ai décidé d’écrire ce que je venais de « vivre », comme si mon cerveau m’avait dicté ce récit sorti de nulle part. Je n’avais jamais rien écrit avant, à part quelques lettres de contestation aux impôts.

Dans quelles conditions écrivez-vous ?

Quand je suis réveillé… encore que… N’importe quand, n’importe où, quand l’inspiration me surprend. Pas de règle spéciale, ni d’organisation. Trop bordélique pour ça !

(Effectivement réveillé c’est toujours mieux !) 

Le polar historique est un exercice complexe et je suppose encore plus en reprenant un personnage très célèbre. Qu’est ce qui vous a motivé à mettre en scène Sherlock Holmes et Jack l’Eventreur ?

J’aime le côté obscure et « non dit » des personnages. C’est ce que j’essaye d’explorer dans tous mes livres. J’ai repris Sherlock à l’endroit où Doyle l’avait laissé… « Mon » Sherlock est un prolongement de celui de Doyle. Il pousse un peu trop loin son expérience de la drogue, et quelques autres. Il n’en sort pas indemne, mais reste brillant et au-dessus du lot. Il peut être arrogant et trop sûr de lui. On n’arrive pas à l’aimer, mais on ne parvient pas à le détester.

Je vois que vous êtes un grand fan de Tintin. Enfin suffisamment pour avoir écrit Tintin à Baker Street. Parlez nous de votre rapport avec ce personnage.

J’ai lu Tintin dans mon enfance, comme beaucoup de lecteurs, mais j’ai toujours eu le sentiment que ces BD ne s’adressaient pas aux enfants, que quelque chose de plus subtil m’échappait. Une fois adulte, j’ai eu envie d’explorer les coulisses de l’œuvre, et j’ai découvert des trésors bien plus inouïs que celui de la cave de Moulinsart.

Et une question pour assouvir ma curiosité, comment peut-on reprendre des œuvres si connues de façon juridique (car je crois qu’Hergé à sa fille) . De plus comment faire vivre ces personnages sans perdre l’âmes des auteurs originaux.

Hergé n’a pas eu d’enfants,(Donc là j’ai l’air ridicule mais ce n’est pas grave j’assume :p J’ai confondu avec Uderzo la nulle ! ) mais il est malheureusement affublé d’un ayant-(mal)adroit qui s’évertue à ruiner toute tentative d’exégèse de l’œuvre et/ou les détourner à son profit. C’est très compliqué de parler de Tintin quand est confronté à ce genre d’olibrius. On y arrive quand même à force de ténacité, de batailles juridiques et médiatiques… Pour ce qui est de « perdre l’âme » des auteurs originaux, on me l’a souvent reproché pour ma reprise de Sherlock. Mais il y a mauvaise donne. Mon but n’est pas du tout de rester fidèle au personnage d’origine, mais de le faire évoluer, d’en découvrir de nouvelles facettes.


Quel est le rôle d’un auteur pour vous ?

Faire rêver le lecteur, le faire réfléchir aussi… Pas exemple mes livres sur Sherlock montrent la misère, le crime et la détresse engendrés par l’industrialisation et le capitalisme. Les Spectres de Chicago a pour toile de fond le racisme aux USA dans les années 30 et la crise économique de 29…

Je vous offre la possibilité de rencontrer l’auteur ( encore vivant ou non) de votre choix, lequel choisissez-vous?

Franz Barthelt !

Franz Bartelt, né le 7 octobre 1949 aux Andelys dans l’Eure, est un poète, nouvelliste, dramaturge et feuilletoniste français. Il a reçu le Prix de l’humour noir en 2000 pour Les bottes rouges et le Prix Goncourt de la Nouvelle en 2007 pour Le bar des habitudes .

Si vous pouviez ôter un défaut à l’humanité ..

L’égoïsme. 20% de l’humanité possède 80% des ressources de la terre. Les 80% restant de l’humanité se partagent 20% des ressources de la terre…

Quel personnage de fiction aimeriez-vous être ?

Batman !


La musique ou chanson qui vous donne des frissons?

Gaellic Song de Kate Bush, par exemple… mais aussi quelques centaines d’autres ! (je suis musicien et chroniqueur jazz… un univers passionnant et immense dont on ne fera jamais le tour…)


Avez-vous un projet en cours que vous aimeriez partager avec nous ?

J’écris en ce moment « Tintin, le diable et le Bon Dieu » qui sortira aux éditions Artège. Là encore l’œuvre de Hergé est prémonitoire !

Un grand merci pour vos réponses, 


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