Vernon Subutex – Virginie Despentes

Ma « touche » perso:

Un roman qui commence fort, puisqu’il nous présente un homme qui sera notre fil conducteur, enfin lui et un mort !
Vernon a tout perdu, son magasin de disque, sa vie facile, son appart. Afin de ne pas dormir dans la rue, il contacte certaines personnes plus ou moins proche. Prétextant qu’il est sur Paris pour quelques jours, il passe de maison en appart’. Malgré tout, il essaie de gagner un peu de fric, en revendant des vidéos « testament » de son pote rock star, Alex Bleach, qui vient juste de mourir.

Un magnifique roman choral. Vous l’aurez compris, chaque chapitre concerne une personne qui accueille Vernon ou qui a été dans l’entourage de notre chanteur. Nous rencontrons une multitude de personnages qui contribue à cette histoire originale et pas si banale qu’elle en a l’air !

En effet, elle est mordante Virgine Despentes ! Son écriture peut être acérée, vindicative et humaine ! Elle a même un petit côté à protéger la veuve et l’orphelin. Toujours est-il qu’elle a un regard franc sur notre société. Vous passez du facho à la gamine voilée, un trans, une ancienne actrice porno, un réalisateur, un traider ..

On peut tout se permettre avec les gros. Leur faire la morale à la cantine, les insulter s’ils grignotent dans la rue, leur donner des surnoms atroces, se foutre d’eux s’ils font du vélo, les tenir à l’écart, leur donner des conseils de régime, leur dire de se taire s’ils prennent la parole, éclater de rire s’ils avouent qu’ils aimeraient plaire à quelqu’un, les regarder en faisant la grimace quand ils arrivent quelque part. On peut les bousculer, leur pincer le bide ou leur mettre des coups de pied : personne n’interviendra. C’est peut-être à cette époque qu’elle a appris à renoncer à son genre : mâles ou femelles, les gros sont soumis à une exclusion similaire. On a le droit de les mépriser. Et s’ils se plaignent des traitements qu’on leur inflige, au fond tout le monde pense la même chose : mange moins, gros sac, tu pourras t’intégrer. Deb était dans le sucre comme elle serait dans la coke quelques années plus tard : à fond.

Bref, chaque chapitre à son histoire, son humanité. Elle ne nous épargne rien, elle le fait avec humour et un côté trash. Vous aurez du sexe, de la drogue et du rock n’roll en veux tu en voila ! Mais vous toucherez au plus près du coeur d’hommes et de femmes, de leurs émotions, leurs relations ..

D’autres blogs en parlent ! Si vous souhaitez approfondir.
En Positif : kitty la mouettefairy stelphiqueUn bouquin sinon rien
En négatif :sylireMa petite bibliothequeCarnetsvie

Mon score:3-5-bis

 

  • Originalité
  • Facilité de lecture
  • Charge émotionnelle
  • Dépaysement
  • Addictif
  • Instructif
  • Absence de longueur
  • Humour
  • Crédibilité
  • Coup de cœur

 

 

Quatrième de couverture:
 

Vernon Subutex est un ancien disquaire, rescapé d’un monde en voie de disparition. Beaucoup de ses amis proches sont morts, ou ont quitté Paris. Reste Alex Bleach, chanteur populaire, qui est la dernière personne de son entourage à pouvoir l’aider à payer ses factures. Un soir, Alex Bleach se filme, dans l’appartement de Vernon, sous coke. Quelques semaines plus tard, il décède d’une overdose. Vernon est expulsé de l’appartement qu’il occupait depuis dix ans. Il ne lui reste qu’à se faire héberger chez les uns, chez les autres, mais les connaissances qui lui restent ne sont pas toujours en mesure de lui apporter de l’aide. Chasse au trésor : tout le monde (un producteur, un réalisateur, une biographe, une « privée », une star du X, une jeune fille voilée) cherche ce paumé de Vernon pour mettre la main sur les rushs exclusifs du testament halluciné de Bleach. Chasse à l’homme : Vernon ignore qu’il est l’objet d’une traque, puisque, fauché, il squatte successivement d’appartements en appartements. Autant de portes ouvertes sur ce que le temps a fait de ces anciens adeptes de la culture rock, aux destinées plus ou moins heureuses. Chaque station de croix de ce Christ déjanté présente de nouveaux personnages, convoque un thème, traverse un milieu : Xavier, ou la dérive de l’extrême gauche à l’extrême droite raciste ; Laurent, ou les milieux du cinéma ; la Hyène, ou l’art du lynchage cybernétique ; Sylvie, ou la vengeance de la femme mûre humiliée ; Lydia, ou la nullité des demi-sels de l’édition ; Pamela Kant et Vodka Satana, ou grandeur et décadence des ex-stars du porno ; Daniel, transexuel bien dans sa peau ; la vénéneuse Marcia ; Kiko, ou l’obscénité cynique et folle des traders sous coke ; Patrice, ou l’homme qui ne peut s’empêcher de rouer de coups celle qu’il aime ; Selim, ou l’amertume de la classe moyenne de gauche ; Aïcha, ou la tentation religieuse… Chaque appartement ouvre une vie, chaque destin emporte le lecteur dans un univers différent… jusqu’à ce que les fils se tissent, se croisent, pour former les motifs d’une immense tapisserie qui fait passer le lecteur, haletant, de l’autre côté du miroir. Virginie Despentes invente ici le roman picaresque post-moderne. A suivre…

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