Tête à tête avec Nicolas Duplessier

Il y a quelques semaines je vous parlais du roman de Nicolas Duplessier « Eté pourri à Melun-Plage« . Un premier roman plutôt réussi qui m’a donné envie de faire connaissance avec l’auteur. Quelle chance pour moi, car il est tout à fait accessible et très sympathique.

Quel lecteur « jeunesse » étiez-vous ?


Je n’ai jamais lu quand j’étais gamin ou ado ou alors il fallait me forcer, m’attacher au bouquin. J’étais très mauvais élève, un peu dans la lune et carrément pas assidu en cours. Je garde tout de même un bon souvenir du livre « Mon bel oranger » de José Mauro de Vasconcelos. Je devais avoir 13 ou 14 ans et c’est le premier livre à m’avoir réellement marqué à cette époque. Je me suis vraiment intéressé à la lecture en 2001, à 23 ans. C’est très précis car cela correspond à la sortie ciné du film Le Seigneur des Anneaux et, après avoir vu le film, je ne pouvais attendre la suite et j’ai attaqué le bouquin de Tolkien. Il y a plus simple pour commencer la lecture mais j’ai adoré et, depuis, j’ai énormément lu.



A cinq ans, Zézé a tout appris seul : la lecture, les grossièretés de la rue, les trafics de billes, les tangos pleins de sentiments du marchand de chansons. Tout le monde le bat, sauf sa sœur Gloria. Ange ou diable, il a un secret dans le cœur : un petit pied d’oranges douces, le seul confident de ses rêves, qui l’écoute et lui répond.

 

Pouvez-vous nous parler du livre qui vous a le plus marqué ?

«La route » de Cormac Mccarthy. Je l’ai lu peu de temps après la naissance de mon fils. J’ai adoré le style épuré de Mccarthy avec ses dialogues courts mais intenses. 10 ans après je me souviens avoir ressenti la peur, le désespoir et l’amour de ce père qui garde deux balles dans son révolver pour pouvoir mourir avec son fils. Cette relation père-fils est tellement forte que j’ai passé mon temps à chialer. Oui, je suis très fleur bleu et j’ai la larme facile.
Dans le monde dévasté de l’apocalypse, un jeune homme et son père errent sur une route, affrontant le froid, la pluie, la neige, fuyant toute présence humaine. En un voyage crépusculaire, poussant leur chariot rempli d’objets hétéroclites, ils marchent vers la mer. Prix Pulitzer 2007.Né en 1933 dans l’État de Rhode Island, Cormac McCarthy est l’auteur de nombreux romans dont Le Gardien du verger (prix Faulkner 1965) et De si jolis chevaux (National Book Award 1994), No Country for old men, Méridien de sang. Il est l’un des écrivains américains les plus importants de sa génération. Tous ses livres sont disponibles en Points.



Il vous a fallu combien de temps pour écrire ce roman ?


Beaucoup trop ! Je me souviens avoir lu le livre « Ne le dit à personne » d’Harlan Coben et m’être dit que cela n’était pas compliqué d’écrire un livre. 10 ans plus tard mon premier roman sort… ça donne une idée du chemin.


Dans quelles conditions écrivez-vous ?

Tout nu. (tu prends des risques !! )
J’écris toujours en musique pour m’isoler complètement.
Pour le tout nu ce n’est pas vrai bien sûr, il m’arrive de porter un caleçon.

 
Dans votre roman, on retrouve Melun, une ville sombre, qui ne laisse aucune perspective à ses habitants, qui végète. Vous avez des comptes à régler avec cette ville ?


Aucun compte à régler. Je suis attaché à mes racines Melunaises et cette idée de créer un roman noir dans un lieu que je connais m’a tout de suite apparu excitante et motivante. Surtout, j’avais envie d’écrire un roman dans la tradition du polar. Dans les romans noirs de Lawrence Block, Ken Bruen , Ellroy, le décor fait partie de l’intrigue. Les barres d’HLM, une ville grise, dortoir, des entrepôts abandonnés, des quartiers dégradés et la proximité avec la forêt de fontainebleau. Un décor idéal pour un roman noir. Mon roman est influencé par la trilogie policière de Guillaume Nicloux (série de films que je conseille à tout le monde) où l’on trouve ce décor de banlieue, la forêt de fontainebleau, la pluie…


C’est votre premier roman, comment vit-on la publication et les premiers retours de lectures ?

J’ai vécu le démarrage avec beaucoup de stress. Il est sorti il y a maintenant 3 mois et cela va beaucoup mieux. Je viens tout juste d’arrêter le Xanax.
Quel est le rôle d’un auteur pour vous ?


Il y a une dizaine d’années, j’avais dit à Maxime Gillio et Paul Colize que je voulais juste devenir auteur pour me la péter et draguer les nanas à la sortie de la Sorbonne. Devenir auteur m’apparaissait comme un bon plan drague. Alors me demander le rôle d’un auteur…. Je ne suis pas un militant, mais j’aime le roman noir et cette littérature « de perdant », cette entrée dans l’intimité, dans le réalisme avec la prise de conscience d’une violence dans les rapports sociaux, dans notre société qui n’honore que les vainqueurs, les mecs qui ont réussi.

Je vous offre la possibilité de rencontrer l’auteur (encore vivant ou non) de votre choix, lequel choisissez-vous?


Stephen King. J’adore ce type depuis presque 20 ans.
Vous n’avez qu’à regarder un extrait de ma bibliothèque (ah oui ça déconne pas !)

 

Plus proche d’ici j’aimerais bien rencontrer Lawrence Block, il reste l’une de mes premières influences, avec le cinéaste Guillaume Nicloux.

Si je devais réaliser un rêve, ce serait du côté du cinéma que j’irais le chercher. Ça peut paraitre complètement débile mais je rêve de discuter avec Jean-Claude Van Damme. Je suis de la génération Vidéo Futur. Chaque week-end je me gavais de VHS et voulais, de façon naïve, travailler dans le cinéma. Dans les années 90, la réussite de Van Damme m’inspirait.

 

Si vous pouviez ôter un défaut à l’humanité..

Oh la vache, cette question ! (c’est une très bonne question dites-donc!) J’ai lu un jour une citation de Lichtenberg qui ne date pas d’hier « La maladie est le plus grand défaut de l’humanité. »
Je suis assez d’accord avec ça.

 
Quel personnage de fiction aimeriez-vous être ?

Matt Scudder le détective privé de Block, ou Sawyer le blond aux cheveux mi-long de la Série Lost

Ah oui il est pas mal lui 😉
 
La musique ou chanson qui vous donne des frissons?

Il y en a trop ! Je bosse dans un open Space et je prends régulièrement le train alors la musique permet de m’isoler de l’extérieur. Sans exagérer, j’écoute de la musique 8 heures par jour. Mais il y des chansons qui me dressent les poils à tous les coups comme The Surface Of The Sun de John Murphy, Farewell, goodbye de M83 ou encore Almost Martyrs de Jake et Alex Parker, que l’on entend dans le film La vide de David Gale.
Ou alors November Rain des Guns N’ Roses, je suis fans depuis mes 14 ans et fidèle depuis.
 

 

Avez-vous un projet en cours que vous aimeriez partager avec nous ?

 

Je bosse sur deux projets de bouquins. Un nouveau polar et un roman court pour adolescent.
Mon objectif reste tout de même de réaliser un court métrage.
 

Nous voilà arrivés à la fin de mon « tête à tête » mais nous n’avons pas terminé avec nos questions puisque demain vous répondrez à celles des lecteurs du blog. Un grand merci pour vos réponses, je vous laisse le mot de la fin.
Je n’ai pas grand-chose à ajouter, juste que je te remercie de m’avoir invité sur ton blog.
Je tiens aussi à saluer l’excellent travail que toi, et les blogueurs, réalisez en publiant toutes ces chroniques et en soutenant tellement d’auteurs. Chapeau !

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10 comments

  1. Hé hé comme Samantha 😛 Dis donc tu poses des questions plus sérieuses que nous, c'est bien 😀 Mais il a l'air de bien déconner, on va encore se marrer demain. J'ai retenu : Stephen King, Tout nu, Melun, Tout nu, Guns, Tout nu et parfois caleçon… bon ok je sors –>

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