La Demoiselle des Tic-Tac -Nathalie Hug

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Ce roman aborde deux sujets essentiels la Seconde Guerre mondiale et le poids des mots sur un enfant. Deux sujets ô combien différent et difficile.

Ici, l’auteure entremêle ces deux sujets telle une natte. Exercice un peu casse-gueule mais fait avec simplicité et sensibilité !

1937. Lorsque son père a abandonné le domicile conjugal, Rosy et sa mère quittent l’Allemagne pour aller vivre chez sa grand-mère en Moselle . Elle atterrit donc dans une région française pendant une période où il ne fait pas bon d’être allemand. Rejeté par les habitants de ce village, Rosy se retrouve isolée. Pendant ce temps-là, sa mère, femme aigrie, idolâtre Hitler et parfait l’éducation de sa fille.

Quand les rues étaient encore sûres, il m’arrivait de me poster sur un trottoir, au sommet de la rue, les yeux fermés, pour ne plus voir ce monde qui ne me convenait plus.

En 1944, une pluie de bombe s’abat sur le village. Rosy cachée dans la cave, se retrouve enfermé et apprend à survivre en espérant qu’on la sauve. Elle se raccroche aux souvenirs.

Les choses ne vont pas si mal, j’ai de quoi manger jusqu’au retour de Mutti. Je m’autorise un sourire, histoire de profiter de ce bonheur minuscule avant de le ranger dans mes autres jardins pour le revivre, quand le soleil de ma rue fera éclore les fleurs au lieu d’abîmer les morts et que les herbes folles combleront les cratères. Ca ne peut pas être la guerre tout le temps.

Un enfant a tendance à croire les paroles des adultes sans se poser de questions. Mais les enfants grandissent et découvrent parfois de sombres secrets. La guerre fait grandir les enfants, la folie fait parler les hommes. Et les non-dits sont criés à tous les vents ! Ici Rosy découvre le poids des mots de sa mère, les cachotteries de sa grand-mère et la folie d’une guerre. La haine qui en découle et malgré l’amour filial qui ne peut s’éteindre. Un paradoxe !

Un roman court, mais dense. On s’attache à cette fillette. On déteste les adultes qui ne peuvent faire la part des choses en cette période de guerre. Il est vrai qu’il est toujours plus facile de juger de son fauteuil . J’ai passé un agréable moment lecture ! J’ai apprécié ce regard sur cette région qui perd son identité à chaque guerre !

Quand on est né lorrain, comme nous, il est parfois bien compliqué d’expliquer qui on est et d’où on vient.

J’aime la plume de Nathalie Hug et surtout lorsqu’elle aborde ces thèmes de post ou pré-guerre !Mais j’ai tout de même une préférence pour son roman 1, rue des petits-pas qui parle de la condition des femmes (et sage femme) après la Première Guerre mondiale ! Un superbe roman !

D’autres blogs en parlent ! Si vous souhaitez approfondir.
En Positif : adelliteration4decouv
En négatif : la tete dans les livres,

Mon score:

  • Originalité3-5 bis.jpg
  • Facilité de lecture
  • Charge émotionnelle
  • Dépaysement
  • Addictif
  • Instructif
  • Absence de longueur
  • Humour
  • Crédibilité
  • Coup de cœur

Quatrième de couverture:

Ses doigts crispés sur mon bras, Mutti halète en scrutant les rues désertes, les papiers qui virevoltent dans la fumée noire, les silhouettes fugitives, les volets claqués à la hâte. Je sens le cœur de Mutti cogner contre ma joue, ses doigts refermés sur mon bras meurtrissent ma chair, mais ce n’est rien en comparaison des mots que ces hommes nous ont crachés à la figure : nous sommes deux sales boches, tout juste bonnes à crever.

Rosy et sa mère ont quitté Ludwigshafen en 1937 pour une vie meilleure en France, dans un petit village de Moselle. Or, personne n’a oublié l’annexion de 1871 et rares sont ceux qui leur tendent la main. Il est vrai que Mutti admire Hitler, méprise les curés, les Juifs et les fonctionnaires, et que Mein Kampf est son livre de chevet… Pour Rosy, dix ans, la vie n’est pas drôle tous les jours.
Quand en 1940, Hitler s’empare de la Moselle, leurs conditions de vie s’améliorent. Pas pour longtemps. Entre novembre 1944 et mars 1945, alors que les Alliés pilonnent la région, Rosy et sa mère se terrent à la cave. Pour tenir, Rosy se raccroche à ses souvenirs, avec de maigres provisions et pour toute compagnie une petite poule et de drôles d’araignées aux pattes fines, que son oncle Edy, qu’elle aimait comme un père, surnommait les tic-tac.

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