Tête à tête avec François Baranger

Il y a quelques semaines, je vous présentais un roman qui m’a beaucoup plu L’effet Domino . Ce polar historique qui vous embarque en 1907 dans la capitale  m’a fasciné. J’ai été bluffé par l’immersion de la plume de l’auteur. Son mélange de genre ..J’ai donc voulu faire ma curieuse afin de connaitre l’auteur et ses influences. Merci à François Baranger d’avoir répondu à mes questions . j’en profite également pour vous conseiller de faire un petit tour sur son site car c’est un artiste de talent ! http://www.francois-baranger.com/

Quel lecteur « jeunesse » étiez-vous ?

Classique. Bibliothèque verte, Club des cinq et Fantômette ; je me souviens aussi d’une série de livres qui trainait chez moi sur les contes et légendes de tous les pays ; un peu de Jules Vernes aussi. Puis, vers onze ans, on m’a donné « Le monde perdu » de Conan Doyle, que j’ai dévoré. Là, je me suis mis à lire du Poe, Wells et Tolkien. Et, quelques années plus tard, j’ai commencé à emprunter les livres de SF de mon frère, parmi lesquels j’ai découvert l’âge d’or de ce genre avec Asimov, Van Vogt, K. Dick, etc. Moment suivant important : c’est vers seize ans que j’ai découvert Lovecraft.

Edouard Malone, rédacteur à la Daily Gazette, n’obtiendra la main de la charmante Gladys que s’il se distingue par quelque action héroïque et spectaculaire, Eh oui, c’était encore l’époque où les demoiselles rêvaient de chevaliers sanstéléchargement peur et sans reproche ! C’est ainsi qu’Edouard part en mission en Amazonie pour enquêter sur les déclarations du professeur Challenger. En effet ce savant prétend que des animaux jurassiques, des monstres capables de dévorer les plus grands, les plus féroces de nos mammifères, existent encore… Après un pénible voyage à travers la forêt vierge, Edouard, Challenger et deux autres explorateurs se retrouvent coupés de la civilisation, au sommet d’un plateau circonscrit par d’immenses falaises. Là, dans ce monde perdu, ils vont faire d’incroyables découvertes. Ainsi, Challenger avait raison ! Mais peut-on impunément franchir les frontières de l’inconnu ? Bientôt, l’expédition tourne au drame… 

Pouvez-vous nous parler du livre qui vous a le plus marqué ?

Difficile de n’en citer qu’un. Disons peut-être, « L’Ile » de Robert Merle. Un de mes écrivains préférés, l’un de ceux dont on lit toute l’œuvre. Ce roman en particulier, qui revisite l’histoire – vraie – des révoltés du Bounty et leur installation sur l’île de Pitcairn, m’a beaucoup marqué par l’impression qu’il m’a laissé une fois terminé. Je me suis senti presque seul. J’avais tellement été marqué par cette histoire que j’avais eu l’impression d’en faire partie. Sortir de ce livre fut donc un moment presque pénible. D’autant qu’il ne finit pas très bien. Je crois que, de tous les livres de Merle, c’est celui qui marie le mieux son sens extraordinaire du récit et ses qualités littéraires.

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Le soleil brillait à perte de vue sur la houle longue du Pacifique et le Blossom, ses trois mâts penchés à bâbord, recevait par le travers une brise Sud-Sud-Est… Purcell prêta l’oreille. Bien qu’une île fût proche, il n’entendit pas de cri d’oiseau. Sauf quand une lame déferlait, l’océan était silencieux. Mais il y avait autour de Purcell ces bruits qui, par jolie brise, lui faisaient toujours plaisir : le choc des énormes poulies de bois, la vibration des haubans, et au-dessous de lui, derrière son dos, le passage de l’étrave dans l’eau, doux et continu comme une pièce de soie qu’on déchire.

 

Comment en êtes-vous arrivé à l’écriture ?

Par simple envie de raconter des histoires. Je crois que j’ai touché à presque toutes les formes d’expressions qui permettent d’en raconter, réalisation de films, auteur de BD, illustration (oui, oui, l’illustration est aussi une façon de raconter une histoire), mais j’ai mis longtemps à m’essayer à celle qui parait pourtant la plus élémentaire : le roman. Je crois que j’avais une sorte de complexe de légitimité. Ayant fait des études d’arts plastiques, j’avais le sentiment que je serais nécessairement ridicule en essayant d’écrire. C’est pourquoi je m’y suis mis aussi tard.

Dans quelles conditions écrivez-vous ?

Rien de particulièrement extravagant. Au calme, dans mon bureau, surtout le matin, là où j’ai les idées les plus claires. J’aime bien aussi écrire en vacances, assis sous un arbre, un petit portable sur les genoux…

En lisant votre bibliographie, j’ai pu m’apercevoir que vous touchiez plutôt la science- fiction. Pour ce revirement de style ? Pourquoi le polar historique et cette période particulièrement ? 

C’est difficile de parler de revirement de style, étant donné que je n’avais écrit qu’un seul livre. Un gros, c’est vrai, et coupé en deux tomes, mais ce n’est pas assez pour déterminer un style. J’ai écrit de la SF parce que cela correspondait à mon envie de cette époque. Mais je ne me sens pas écrivain de SF. Pour l’avenir, je me vois bien changer de registre à chaque livre.

Lorsque l’on remonte dans le passé, il y a pour le coup des exigences à respecter que l’on ne rencontre pas dans la littérature futuriste. Il faut rentrer dans les mœurs, les rapports humains, les technologies …Pour votre roman, vous a-t-il fallu beaucoup de préparation avant de vous lancer dans sa rédaction ?

Beaucoup, évidemment. Dès que l’on écrit une histoire située dans un passé réaliste, on noue une sorte de contrat tacite avec le lecteur par lequel on s’engage à ne pas trop raconter de bêtises. Cela fait partie du jeu. Il y a donc une importante phase préparatoire pendant laquelle on se documente beaucoup. Et cela ne se limite pas à la technologie ou à la politique ; il faut aussi s’efforcer de rendre compte le mieux possible des mentalités de l’époque, de la façon de penser et même de parler au quotidien, éviter les pièges de certains clichés, etc.

Quel est le rôle d’un auteur pour vous ?

Pardon pour le lieu commun : permettre au lecteur de s’évader. Cela paraît nunuche comme réponse, mais j’y crois profondément. Rien ne possède, autant qu’un roman, cette faculté extraordinaire de vous faire oublier complètement votre environnement. Quelles que soient les conditions autour de vous (un train bondé aux heures de pointe, par exemple), une bonne histoire vous transporte ailleurs au point de vous faire oublier ce qui vous entoure.

Je vous offre la possibilité de rencontrer l’auteur (encore vivant ou non) de votre choix, lequel choisissez-vous ?

Difficile à dire. H.G. Wells, peut-être. Un précurseur de la littérature de genre, il y aurait certainement beaucoup à apprendre d’un tel visionnaire.

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Herbert George Wells, plus connu sous la signature H. G. Wells, né le 21 septembre 1866 à Bromley dans le Kent (Royaume-Uni) et mort le 13 août 1946 à Londres, est un écrivain britannique surtout connu aujourd’hui pour ses romans de science-fiction. Il fut cependant également l’auteur de nombreux romans de satire sociale, d’œuvres de prospective, de réflexions politiques et sociales ainsi que d’ouvrages de vulgarisation touchant aussi bien à la biologie, à l’histoire qu’aux questions sociales. Il est considéré comme le père de la science-fiction contemporaine.

Si vous pouviez ôter un défaut à l’humanité…

Il y a l’embarras du choix ! Je serais tenté de répondre la bêtise, mais c’est trop vague, je suppose. Disons, la paresse intellectuelle alors. Celle qui fait qu’on se satisfait de raisonnements simplistes, parce que chercher la nuance, la subtilité, la complexité, c’est un peu trop fatigant.

Quel personnage de fiction aimeriez-vous être ?

Indiana Jones, bien sûr ! Qui d’autre ? 😉

Eh bien il y a bien superman, batman, spiderman…bref, mais il est vrai qu’avec leur collant ils font moins virile 😉 

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La musique ou chanson qui vous donne des frissons ?

Il y en a tant ! Disons, plutôt dans la musique de film, qui représente 80% de ce que j’écoute : Nach Deutschland de John Powell, sur la BO de Bourne Supremacy.

Avez-vous un projet en cours que vous aimeriez partager avec nous ?

Beaucoup de projets en cours, mais je resterai muet comme une tombe ! (arf j’aurai tenté :p )

Un grand merci pour vos réponses, je vous laisse le mot de la fin.

Merci à vous ! Et lisez L’Effet Domino ! 😉

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