Sonja Delzongle répond à vos questions

Il y a quelques semaines , j’avais ouvert le blog pour que vous puissiez poser vos questions à l’auteure Sonja Delzongle. Je vous remercie, car vous avez, à vous tous, fait une interview vraiment riche et intéressante. Je remercie également Sonja Delzongle qui a accepté de se prêter aux questions de ses lecteurs. D’ailleurs je commence par ces mots : Voici (enfin) mes réponses avec un grand merci à tous ceux qui se sont prêtés au jeu et à toi qui m’a permis d’y participer. C’était très sympa et les questions m’ont inspirée.

Je pense qu’on la découvre un peu plus et j’espère que vous serez aussi ravie que moi !

Violaine B. : Je ne vous ai jamais lue. Mais, je vous demanderai justement ce qui devrait me convaincre pour vous découvrir ?

Lire les avis (positifs, bien sûr) sur mes romans…Dust, Quand la neige danse et Récidive. Je plaisantais, quoique…Si vous aimez les personnages récurrents et attachants, de préférence féminins, atypiques, rock’n’roll, fragiles malgré leur blindage, avec un lourd passé qui les rattrape, les thrillers avec un univers assez sombre à la Grangé, Hayder, l’action, la dimension psychologique, les sentiments, amour, haine, vengeance, désir, les voyages, découvrir, sortir des sentiers battus, sourire et pleurer, vous pouvez vous lancer. En commençant de préférence par Dust, mais les intrigues ne se suivant pas, ça n’a pas vraiment d’importance.

Eppy Fanny : J’ai dévoré Dust. J’ai de quoi faire un bonhomme de neige de qualité dans ma Pal et je compte Récidiver  Sonja je souhaite savoir comment tu choisis le sujet/ l’ambiance d’un roman. Quel est le déclencheur ?

Bonjour Eppy Fanny ! Merci pour ta question. Bonne question. L’élément déclencheur peut être un fait divers comme pour QLND, juste un morceau de musique comme pour Dust (oui oui), une discussion au cours de laquelle une information va m’intéresser…Quelqu’un que je vais croiser dans la rue, dont une particularité physique ou une expression va me frapper comme pour le Hameau des Purs, un phénomène naturel, de société, une actualité. En fait, il peut y avoir beaucoup de déclencheurs, après, il s’agit de faire le tri.

De la part du petit frère incognito, une question estocade… Trois romans donc, voilà où j’en suis rendu depuis que je suis ton parcours. Nos échanges sont rares et je m’en excuse, mais voilà, puisque Stef se propose de jouer les intermédiaires et, j’ose espérer que tu seras honorée, ma question touche à ta trilogie, à ton cycle. Tous ont pu voir que tu avais abordé différents angles sur tes trois récits. La présentation de ta fille, Hanah et son amour passionnel pour un continent dans Dust. La méga claque qui débarqua d’un coup devant nos mirettes, tu te souviens ? L’amour autrement, le vrai, le sincère sous toutes les coutures, mais surtout extérieure à Hanah dans quand la neige danse. Oui, cette justesse à la kalach dont je te crois affublée et donc dans Récidive où l’amour se présente encore une fois, mais bien plus en profondeur, comme si tu avais donné encore plus de toi aux lecteurs, donc primo : es-tu romanesque à ce point ? L’amour que tu distilles à écrire ces histoires, à partager ta vision du sentiment suivant différents angles de vue, est-ce une des multiples trames du cadeau que tu offres aux lecteurs et pourquoi ? Pourquoi l’amour est-il si présent dans Hanah ?

Bonjour Petit frère ou grand frère dont je crois deviner l’identité…Et merci pour ta question estocade et fleuve qui me va droit…au coeur. Puisqu’il en est forcément question ici. Et ailleurs. L’amour est présent dans mon personnage, Hanah, pour qui le devine, le reçoit et le ressent et apparemment, tu fais partie de ceux qui le trouvent en elle et dans les trois romans. Sans hésiter, oui, je pense être romanesque, pas seulement dans mes livres, mais dans mes lectures, mon imaginaire donc et dans ma vie aussi. Dans mes relations aux autres. Je n’aime pas le tiède, la médiocrité, la routine, le raisonnable, toujours in excess, même si je sais me contenter de peu et savourer ô combien les bonheurs simples. Alors j’espère que les lecteurs, tout comme toi, sauront apprécier ce cadeau.

Mélie: Bonjour Sonja, je viens de découvrir ta plume et je suis très interpellée par quelque chose dont je vais te faire part (et qui expliquera pourquoi je me permets de te tutoyer). J’ai lu « Quand la neige danse » le mois dernier et même si je ne te connais pas du tout, j’ai de suite eu l’impression d’y retrouver ta personnalité, une part de toi, ton âme même… Je dois dire que c’est quelque chose que j’apprécie énormément, mais j’avoue que c’est la première fois que je le ressens alors que je n’ai pas eu un seul contact avec l’auteur. Donc ma question, peux-tu, d’après ce que je viens de dire, trouver une explication à cet étrange phénomène ? Merci à toi Sonja, merci à toi Stef de me permettre de m’exprimer à ce sujet. 

Bonjour Mélie. Merci pour ta question. Le tutoiement ne me pose pas de problème particulier. Il me semble plutôt justifié ici, même si, comme tu dis, nous ne nous connaissons pas. Mais peut-être en lisant un auteur, arrive-t-on à le connaître, d’une certaine façon, en effet…Ton ressenti me touche beaucoup et j’adore les phénomènes étranges, mais comme cela reste très subjectif, je n’ai pas vraiment d’explication (rationnelle du moins) à donner à cela. Quand la neige danse aborde peut-être une ou plusieurs thématiques qui te parlent et qui sont entrées en résonance avec ton être. Ce qui ne sera peut-être pas le cas pour un autre lecteur. C’est de l’ordre de l’alchimie. Apparemment avec toi ça a pris. Et c’est tant mieux. Essaie peut-être de lire les autres afin d’être confortée (ou pas) dans ton étrange ressenti. Et n’hésite pas à m’en faire part.

Marielle P

Bonjour Sonja,

Bonjour Marielle,

J’ai lu Dust, qui m’a beaucoup marqué et tes (ou vos) deux autres livres sont encore dans ma PAL, mais vont en sortir dès que l’année scolaire sera terminée (je suis prof…).- J’aurais aimé savoir ce qui t’a amené à t’intéresser aux sorts des albinos.

Ce que j’en ai appris lors d’une conversation avec une amie. Leur sort m’a émue et Dust étant en cours d’écriture avec un récit qui se situait au Kenya, l’un des pays tristement concernés, je me suis presque senti le devoir d’attirer l’attention des gens sur cette ignominie qui existe encore au 21éme siècle et le livre me semble un excellent vecteur pour ça.

Un modèle vous a-t-il inspiré pour Hannah ?

Oui, en effet, une profileuse sud-africaine qui existe vraiment, Micky Pistorius dont j’ai lu quelques écrits. Elle a été obligée de mettre fin à sa carrière assez prestigieuse (elle a le grade de colonel) pour ne pas être absorbée par la noirceur et sombrer dans la folie. Avec ses failles et ses fêlures, elle est déjà un personnage de roman et a d’ailleurs fait l’objet (le sujet!) d’ouvrages écrits par Stéphane Bourgoin, éminent spécialiste des tueurs en série.

Est-il plus facile de continuer avec le même personnage sur plusieurs livres ou d’inventer à chaque fois de nouveaux personnages ?

Il est plus confortable de garder un même personnage et de le faire évoluer au fil des livres. C’est comme travailler avec des filets. Les nouveaux personnages, c’est l’inconnu, avec les questionnements que cela suscite à chaque fois. Seront-ils aussi bien accueillis que les précédents ? Seront-ils aussi forts, aussi attachants ? Mais il y a aussi, certes, l’attrait de la nouveauté qui motive.

Y a-t-il des auteurs qui vous ont influencé ?

D’une certaine façon, parce que je me retrouvais complètement dans leur univers, oui, comme King, Hayder, Menkell, Grangé, Thilliez. Mais les influences sont multiples et il faut remonter loin, très loin dans mon passé de lectrice. A l’enfance, avec les contes d’Andersen. Et ensuite les grands classiques français, russes, anglo-saxons, scandinaves.

Quel est votre livre de chevet ?

Celui que j’écris en ce moment.

Préfères-tu le silence ou le musique, pour lire, pour travailler ?

Le bruit régulier de la respiration de mon chien qui dort à côté de moi pendant que j’écris.

Nous nous sommes rencontrées au quai du polars cette année, ce type d’évènements vous apporte-t-il quelque chose en termes d’écriture, de relationnel ?

En terme d’émotions et de relationnel surtout. Pour ce qui est de l’écriture, bien qu’ouverte aux remarques, je fais abstraction des attentes des lecteurs dans ma phase d’écriture, sinon on ne s’en sort plus et c’est assez paralysant même !

Est-ce que tu as écrit un nouveau roman ?

C’est en cours, oui.

Si oui, dans la continuité ou non, des aventures d’Hanna Baxter ? 

Non.

SamanthaBonjour Sonja, j’ai lu Dust et quand la neige danse. Ton personnage de Hannah (je m’y suis attachée) se dévoile un peu plus dans le deuxième, je sais qu’elle est également dans le dernier Récidive, vas-tu continuer dans les prochains avec ce personnage (tel un Harry Bosch chez Michael Connelly). ?

Bonjour Samantha. C’est presque la même question que précédemment 🙂 Donc je confirme bien qu’elle ne sera pas dans le prochain.

dav : Coucou les filles!! Depuis les premières pages de Dust pour moi Hannah c’est toi que j’imagine en tournant les pages pourtant tu l’as décrit plutôt différemment, mais c’est comme ça et je m’y suis fait au fil des aventures haha … donc question simple si Hannah venait au cinéma ou à la TV qui vois-tu pour tenir ce rôle bises !!!

Bonjour Dav ! Merci pour ta question. Eh bien, surtout pas moi ! Peut-être une actrice de la veine d’Anne Parillaud dans Nikita. A part elle, le problème est que je pense à des blondes, mais Hanah est brune ! Et toi, qui verrais-tu ?

Moi : Sonja, je te remercie de participer à cet exercice. Pour terminer, je vais moi aussi te poser quelques questions ☺

Bonjour « Moi » 🙂

Merci de m’avoir permis de participer à ce sympathique exercice et désolée pour les réponses tardives, mais écriture oblige.

Je voulais savoir quelle est pour toi la plus belle des récompenses que tu as pu obtenir jusqu’à présent. On dit toujours que la reconnaissance de ses pairs est la plus importante. Est-ce vrai pour toi ?

En ce qui me concerne, c’est plus la reconnaissance des lecteurs que de mes pairs qui me porte et m’importe. J’ai eu des retours qui m’ont émue aux larmes. Comme « Hanah est la petite soeur que je n’ai jamais eue », ou encore durant le week-end des Pontons Flingueurs lors d’une séance dédicaces, cette femme qui avait été bouleversée à la lecture de Dust et qui m’a remerciée presque à genoux (bon, j’exagère un peu mais à peine) et tellement d’autres.

Par ailleurs, j’ai tendance à me dire que pour certains auteurs, ils sont habités par leurs personnages, histoires … Une sorte d’enveloppe charnelle qui s’ouvre pour faire vivre sur les pages les diverses personnalités qui sont en eux. Puis à la dernière page soient ils reviennent docilement soient ils sont libérés. Des fois, j’entends des auteurs dirent, que l’histoire ne devait pas se dérouler comme ça, mais les personnages se sont imposés. Te sens tu habités de personnalités multiples qui veulent leur propre histoire ? Es-tu maitre de tes personnages ? Travailles-tu à l’instinct ou au contraire tout est préparé ?

Il y a tout cela réuni dans l’écriture d’un roman. L’instinct, l’imaginaire et un travail de préparation. Ce qui donne un cocktail bien dosé. Parfois les personnages prennent tellement d’intensité et d’autonomie qu’on a le sentiment de raconter l’histoire qu’ils veulent qu’on raconte. Par exemple en ce moment, je déroule un récit ancré au Groenland avec une brochette de personnages, membres d’une équipe scientifique, policiers, autochtones, et je pense que ce sont eux qui m’entrainent dans leur aventure dont je me fais le messager, le relais. Ils me montrent le chemin. Est-ce l’expérience, le métier qui rentre ou bien un phénomène inhérent à ce roman précisément, en tout cas c’est la première fois que cela m’arrive à ce point. C’est comme un phénomène de dissociation, aussi déstabilisant que grisant. Je vais peut-être finir en chemise blanche qui se boutonne dans le dos, mais en attendant, c’est tellement bon de vivre plusieurs vies et d’être aussi nombreux à la fois !

 

 

 

 

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