Stanislas Petrosky répond à vos questions

Il y a quelques jours, j’avais ouvert ce blog afin que vous déposiez vos questions à l’auteur Stanislas Petrosky. Auteur de la série Requiem. Je remercie tous les participants et l’auteur pour cette interview à  son image , sans langue de bois et enrichissante.

Samantha L. : Bonjour monsieur Petrosky, tout d’abord une petite question ce n’est pas trop schizophrénique d’avoir un pseudo pour écrire ? Comment doit-on t’appeler dans la vraie vie? Sébastien ou Stanislas ? Ensuite, depuis la prise de fonction chez French Pulp éditions ce n’est pas trop difficile de faire la part des choses entre ce que tu lis et ce que tu écris ? Je m’explique tu lis à peu près 15h par jour des textes de collègues, comment arrives-tu à écrire les tiens sans être influencé par tes lectures ? Sur ce bonne journée et la bise.

Si le mot pseudonyme existe, c’est pour que les auteurs puissent se cacher… Les grands écrivains du Fleuve Noir, tel Frédéric Dard, se cachaient sous moult pseudonymes, sans compter les Vernon Sullivan, Frank Harding et autre Charles Nécrorian sans pour autant être atteints de schizophrénie, tout du moins nous le croyons…

15 heures, c’est un peu exagérer, je prends le temps de me doucher, de dormir, de me restaurer et d’avoir une vie sexuelle…

Et en ces temps de crises, oui avec un S, combien sommes-nous à avoir plusieurs boulots ?

Merci, bonne journée et la bise aussi.

 

Mélie Wolff : Bonjour Stanislas, comme tu sais je te trouve brillant, vraiment. Cette intelligence dans les Requiem. Tu nous offres tellement d’effets littéraires que tu maîtrises à la perfection, j’en suis admirative et très friande. Du coup je me demande quel est ton parcours Monsieur le Thanatopracteur ?

Requiem te dirait que s’il est brillant, c’est qu’il ne perd jamais une occasion de se faire reluire…

Sinon ben, euh, les chemins de traverse… j’ai quitté l’école très tôt, enfin l’école m’a dit : allez faire le con ailleurs ! donc dès l’âge de 15 ans, j’ai rencontré le monde du travail. A 20 ans j’ai repris les études juste pour deux années afin de devenir thanatopracteur.

Pour le reste, je suis un autodidacte, j’ai lu, beaucoup lu, et je lis encore énormément, et même si je parle beaucoup, j’écoute encore plus, j’apprends de chacune des personnes que je croise. Et je suis aussi un instinctif, parfois je ne réfléchis pas vraiment, c’est la passion qui me guide, alors j’ose, comme les cons d’Audiard…

Dav Danakin : est-il possible d’enlaidir la coachonne dans ton prochain opus ? je déteste ce personnage!! 😘😘 sinon pas une question mais un sentiment… Je te remercie énormément pour les émotions que tu me procures à travers tes livres je t’embrasse !!

Merci Dav… j’aime beaucoup ce que tu écris, pas pour la coachonne,(ce n’est qu’un personnage, si tu connaissais la vraie, d’ailleurs existe-t-elle ?) mais pour les émotions, car être écrivain, pour ma pomme c’est ça : faire passer des émotions, que cela soit par le rire, la révolte, la provocation, ce qui compte c’est de faire passer une émotion, quelle qu’elle soit…

Agnès G : il va me manquer Mandoline !

Stef : Bonne question, Mandoline est-il mort ou envisages-tu une nouvelle Maison d’Edition pour cette série.

Mais qui vous a porté un faire-part de décès au nom de Luc MANDOLINE ?

Pas moi en tout cas… lorsque j’ai créé ce personnage, j’avais dit que j’écrirais le tome 13, parce que 13 ça porte bonheur, je sais, c’est couillon, mais toi-même n’as-tu pas quelques marottes absurdes ? Bref, l’Atelier Mosésu a publié 12 aventures de Mandoline, les portes se sont fermées avant la treizième aventure…

(merci de placer ici un roulement de tambour)Treizième aventure qui verra le jour en mai, sous le titre d’Un Havre de paix, chez French Pulp éditions ! Et je peux même vous dire que j’ai un sacré « parrain » qui a accepté de me faire un bandeau pour ce livre, et je n’en suis pas peu fier !

Je suis vraiment heureux de pouvoir, à mon tour, écrire une histoire avec ce personnage…

Donc Mandoline n’est pas mort, il vivra de nouvelles aventures…

Sylvie G. : Cher Stanislas, ton dernier livre vient de sortir et il s’agit d’une 3éme  » aventure » de Requiem, curé hors norme et que je trouve hilarant c’est clair. Je n’ai pas lu ce dernier titre encore et ça viendra mais dis-moi : prépares-tu un livre qui n’aura plus rien à voir avec Requiem ? ( Pour le moment du moins) . Un sujet totalement différent, comme « Ravensbrück mon amour ? En bref, t’as un autre sujet sur le feu ?

Très chère Sylvie, comme je l’ai mis au-dessus, je sors chez French Pulp éditions en mai, une aventure de Luc Madoline, donc qui diffère du style de Requiem…

Ensuite, j’avoue avoir créé un autre personnage différent, à savoir s’il verra le jour, c’est autre chose… j’ai aussi un projet sur les faits divers, réécriture de grands cas juridiques à la sauce noire, comme si un auteur de polar écrivait des mémoires, des articles de presse…

J’ai aussi sous le coude un texte aussi court que L’amante d’Étretat, donc qui ne risque de ne jamais trouver éditeur papier, peut-être en numérique…

Mais j’adore Requiem, je prends mon pied avec ce personnage pas comme les autres, alors tant que j’aurais des lecteurs avec lui, je continuerais de lui donner vie !

Marc S. : Pourquoi avoir choisi un curé comme personnage principal de Requiem ?

J’ai créé plusieurs personnages pour d’autres auteurs, comme l’Embaumeur, Orcus Morrigan, etc… J’en voulais un pour moi, qui me permette de partir en vrille, être interactif avec mon lectorat, de jouer… j’ai eu l’idée du curé, il prêche, il cause, et surtout peu de héros curé, à par Don Camillo… du coup je me suis banco !

Celine F : y’a-t-il un livre que tu aurais aimé écrire ?

Plein… une masse énorme, dans les derniers que j’ai lu, je dirais Un long moment de silence de Paul Colize… Puis Mausolé pour une garce et Une seconde de toute beauté de Frédéric Dard, Voyage au bout de la nuit de Céline, Un froid d’enfer de Lansdale, Le Doulos de Pierre Lesou… et je vais arrêter la liste là.

Audrey P : Quel est ton livre de chevet ? Qui compose essentiellement ta bibliothèque ?

On va revenir à un titre du dessus : Une seconde de toute beauté de Frédéric Dard et aussi J’ai peur des mouches de San-Antonio, je pense que ce sont les deux livres que j’ai le plus relus…

Stef : Tu abordes toujours des thèmes de société dans tes livres de Requiem, malgré l’humour j’ai le sentiment que tu souhaites faire passer un message à ton lectorat. Est-ce important pour toi d’avoir ce droit de parole ?

Toujours, c’est même primordial…

Tiens, je vais même te faire un cadeau, dans le prochain Requiem, ce sera l’exclusion, les SDF… j’ai la faiblesse de penser que peut-être, parfois, sur un malentendu, une vanne, je peux changer le regard des gens. Non pas que je sois un donneur de leçon, ça surement pas, je n’ai pas le cul assez propre pour ça, des conneries, j’en ai fait, et j’en ferai certainement encore, alors non, pas de leçon. Juste parfois essayer de faire dire à quelqu’un : ah le con, fallait oser… mais il n’a pas tort !

As-tu le sentiment d’avoir trouvé ton credo avec Requiem ? Toi qui nous a offert des romans si diffèrent les uns des autres ? (Ceci étant tu as fait mouche à chaque fois ! Je pense que tu peux tout écrire )

(Ho ben merci, ça fait plaisir…)

Oui, je le pense… je le pense parce que ce personnage c’est moi, tu sais un peu comme si j’étais Clark Kent et que je devienne un super-héros, sauf que moi je ne suis pas assez con pour enfiler mon slip sur mon pantalon, et que Requiem préfère enfiler…

Alors oui, je pense avoir trouvé mon credo comme tu dis, puis nous sommes peu dans cette niche, alors que les autres, dans le noir pur jus, dans le thriller et autres polars, y sont tous serrés, autant profité e la place que j’ai dans les draps…

En petits curieux que nous sommes, dis-nous : comment construis-tu tes romans ?

Aucune construction pour Requiem… quand je me lance dans l’écriture, j’ai juste une cause et des personnages. Parce que je triche en fait… la cause, ou le fait de société est vrai, la pédopornographie, le néonazisme, le terrorisme, l’exclusion, etc., et que les personnages existent… TOUS, que ce soit Cécile, monseigneur Gillio, Frère Falvo, Ludovic Crémier, tous je les ai croisés, souvent ce sont des amis, des connaissances et c’est un hommage humour, mais d’autres fois, des pisses-vinaigre croisés au fil de ma vie, et je tire, j’allonge la sauce, j’en rajoute pour qu’ils fassent rire au lieu de faire chier…

Et je n’ai que ça… rien que ça, quand je commence l’écriture, je ne sais jamais qui sera le coupable, comment il, ou elle, va tomber. Ça me vient, et parfois ça change en cours d’écriture. Simplement parce que pour moi, mes personnages priment sur l’histoire. La truculence des dialogues passe avant l’intrigue. Non pas pour autant que je délaisse la trame policière, non, elle vient avec et grâce aux personnages…

Puis ensuite, se relire, encore et toujours, peaufiner, reprendre, retoucher et me surprendre à me faire rire moi-même…

Voilà Stéphanie, j’espère avoir répondu correctement à toutes vos questions, ce fut un plaisir.

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