Chimères – Laurent Loison

Aujourd’hui, je souhaite vous parler du roman de Laurent Loison qui sort le 6 décembre en numérique (espérons une sortie papier un jour). Je ne vais pas vous donner mon avis lecture pour une fois. Non , je vais vous présenter un des personnages. Pourquoi me direz-vous ? Tout simplement parce que Chimères est un roman un peu particulier.

Laurent Loison a demandé à plusieurs blogueuses de lui créer un personnage, ces futures victimes. Ne sachant pas grandes choses de son projet, j’ai accepté ce défi. Aujourd’hui, je vous offre le travail offert à Laurent, Un exercice pas si facile. Ce personnage est né dans ma tête, mais vous ne retrouverez que très peu de son histoire dans le livre. Pas de spolier ici, mais plutôt une mise en bouche. Car, si vous lisez ce roman, vous allez rencontrer Laura 🙂

Allez, c’est parti !

Laura est l’amie idéale. Enjouée, dynamique, elle vous pimente la vie au rythme de son humeur et son énergie. Lorsqu’on la regarde, on aperçoit un regard bleu profond qui viendra vous chatouiller le cœur. Son épaisse chevelure brune lui donne un air de Carmen tel qu’on pourrait se la représenter sur un air d’Opéra et son grand cœur contrebalance avec sa taille moyenne. Elle essaie de garder une silhouette athlétique en s’imposant deux séances de sport par semaine. Et bien qu’elle ne se rende absolument pas compte de ce pouvoir sensuel et attirant, Laura a un sourire qui aurait damné un curé.

Elle a tendance à voir le verre à moitié plein. Elle a ce gout de liberté dont elle s’est sentie brimée durant son enfance. Non pas que ses parents étaient méchants ou durs, mais Danielle et Luc étaient très influencés par les médias et l’insécurité. Sa mère, assistante de direction dans une entreprise de transport, côtoie des personnes rustres, machos. Quant à son père,professeur  de philosophie dans un lycée de quartier, il voit la jeunesse partir à vau-l’eau. À vouloir trop bien faire,protéger leur unique fille et premier enfant, ils l’ont étouffé. Si bien que dès qu’elle a pu, elle a choisi son indépendance au risque de les peiner.

Aujourd’hui âgée de 35 ans, on pourrait dire que la vie coule tranquillement pour Laura. Elle a pourtant comme tout le monde des soucis quotidiens dont elle ne parle pas. Un chat capricieux qui saccage son intérieur, un couple de voisins un peu trop bruyants, un responsable hiérarchique lunatique et exigeant. Mais, Laura ne leur trouve pourtant que des bons côtés. Elle aime la vie et fait en sorte qu’elle lui rende bien.

Célibataire depuis plusieurs mois, elle apprécie cette autonomie qu’elle n’avait pas dans sa liaison avec Baptiste. La cohabitation  ne s’était pas passée en douceur. C’était un gentil garçon, mais sa conception d’une vie à deux n’était absolument pas la même que Laura. Pour lui, ils devaient tout faire ensemble,construire une famille, créer un avenir. Alors que Laura voulait voir venir,garder son libre arbitre et surtout ne pas avoir d’enfant. Sujet très sensible ! Combien de disputes ont découlé de leurs frustrations. Un choix très difficile, surtout dans notre société actuelle, mais elle l’assume pleinement. Quant aux éternels « reproches » d’amis ou connaissances qui lui font remarquer qu’elle regrettera un jour sa décision de ne pas vouloir être mère. Sans oublier ses parents qu’elle sent malheureux de ce choix.Finalement, le célibat a beaucoup de choses positives, elle se protège, s’offre un répit.

Elle a trouvé un petit appartement dans un quartier calme de Paris, au deuxième étage sans ascenseur. Son deux pièces est largement suffisant pour elle et Grisouille, son chat blanc angora. Il est surtout proche de chez Étienne. Son meilleur ami est la seule personne qui la perce à jour,c’est le seul à comprendre son choix de vie. Elle l’a rencontré pour la première fois dans une salle d’attente chez le médecin. Elle avait « légèrement » une heure de retard sur son rendez-vous, mais avait tout de même tenté sa chance. Étienne lui avait souri et demandé un magazine à côté d’elle. Elle se souvient encore du titre du « ça m’intéresse : Comment se faire des amis ! L’alchimie entre les hommes et les femmes ».Tout un programme qui la fit rire. Ils ont commencé à échanger puis il a quitté la salle d’attente pour son rendez-vous. Ils se sont pourtant retrouvés à la pharmacie la plus proche. Heureux hasard qui leur a permis de continuer à faire connaissance. C’était il y a 15 ans. Depuis ils sont inséparables. C’est aussi le seul qu’elle aurait aimé comme compagnon de vie, mais c’est impossible, il vit avec un grand blond au doux prénom de Sacha.

Laura est éducatrice de la Protection judiciaire de la jeunesse. Ce qui lui fait rencontrer les abominations de l’être humain. Son métier,  elle l’a choisi, car elle avait ce besoin de secourir les autres. Montrer à ses parents qu’effectivement la vie est terrible, il existe des choses atroces, des êtres tordus, mais il y a toujours une lumière dans l’obscurité. Elle veut être cette lumière, une sorte de phare pour les âmes égarées.  Alors effectivement, par moment elle s’attache un peu plus à un bout de chou, une histoire va lui arracher le cœur . Elle morfle et se réfugie chez Étienne, car ses parents ne seront jamais son échappatoire. Mais ce boulot, malgré toutes ses difficultés, son côté sombre, elle l’aime. Même lorsqu’on lui fait comprendre qu’elle ne peut pas aller récupérer une gamine de toute urgence et  lui faire oublier ses sévices. Ou quand elle retrouve inlassablement ces ados toxicos malgré les cures de désintoxication.Elle y met toute son âme, ses tripes et son cœur pour les aider. Ses journées sont longues, fastidieuses, mais elle la sensation du devoir accompli, d’être utile, que sa vie sert à quelque chose.

Ses soirées sont toujours une occasion de se défouler. Ses amis ne peuvent plus la suivre aussi facilement, leur vie de famille leur donne des obligations qui les coincent à la maison. Mais Laura est libre de faire ce qu’elle veut !

Deux fois par semaine, elle va en salle pour faire de l’escalade. Elle ne retrouve pas les sensations de la montagne, mais c’est plus proche de son lieu de vie. Elle a découvert ce sport lors d’une classe verte à l’âge de 11 ans. Elle était rentrée complètement conquise et avait insisté pendant de nombreux mois pour que ses parents l’inscrivent à la session de la rentrée suivante. Toujours ce besoin d’échappatoire, en grimpant elle avait l’impression de pouvoir respirer.

Il y a aussi cette soirée où elle va jouer du Congas. Ce tambour africain lui a toujours procuré des sensations sensuelles. Elle joue jusqu’à ne plus sentir ses bras. Le tempo la transporte, elle ferme les yeux et se projette sur les terres sèches que le vent transporte en poussière. Elle sent des odeurs d’épices, entend les rires des enfants qui jouent dans les rues. Elle se chauffe le dos au soleil et se retrouve dans ses souvenirs de vacances avec Étienne. La première fois qu’ils sont partis au Congo, c’était sur un coup de tête. Des billets pas trop chers, une discussion un peu avinée et hop il décollait 48h plus tard. Elle a été émerveillée par les chutes du Zongo. Et lors d’un passage à Brazzaville, ils ont assisté à un concert de percussion. Sa première rencontre avec le Congas. Elle a senti les joueurs habités par la musique, en transe. Elle a trouvé cela si beau, qu’elle a eu le désir d’apprendre et de pouvoir ressentir elle aussi ces impressions.

Et le weekend, elle danse, elle chante, elle vit avec ses amis, ses collègues. Surtout avec sa collègue Marion, une femme d’un humour qui décoiffe et qui fait oublier ses complexes de personne un peu forte. Elle est mère d’un gnome de 6 ans et divorcée d’un mec qui n’était pas assez bien pour elle.Marion est libre un weekend sur deux et est toujours la première pour aller se trémousser au Baron , une boite de nuit branchée dans une ancienne maison close parisienne. Elles y sont connues comme le loup blanc autant par le personnel que par les autres habitués.

De temps en temps, elle accorde une soirée ou une semaine à ses parents et à son jeune frère. Lucas, son benjamin de 7 ans, est resté très jeune dans sa tête. Il vit chez ses parents qui ne veulent pas le placer dans une structure adaptée. Il travaille dans un C.A.T. Son quotidien est d’empaqueter ou d’accomplir toutes autres tâches manuelles simples. Lucas al’innocence des enfants et  il est heureux. Il rencontre des personnes qui le mettent en confiance, lui donne un peu d’autonomie. Il rit et s’amuse avec ses camarades. Laura a conscience qu’un jour elle aura à sa charge son petit frère. C’est peut-être pour cela qu’elle ne désire pas d’enfant et qu’elle vit intensément aujourd’hui. Elle sait qu’un jour ses responsabilités la rattraperont et qu’elle devra se consacrer entièrement à Lucas. C’est bien pour cela aussi qu’elle ne pourra imposer sa vie et ses obligations à un homme qui partagerait sa vie. Même s’il y a bien cet homme qu’elle croise régulièrement dans la rue à des moments inattendus, au café du Louvre ou la piscine Champerret. Elle sent son regard et n’y est pas insensible. Il est plutôt agréable à regarder. Peut-être aura t’il le courage de l’aborder ? Laura est patiente. Elle n’a de toute façon pas le temps de s’appesantir.Elle ne fera pas le premier pas, trop d’enfants et de familles ont besoin d’elle. Et sa priorité, pour l’instant, reste son travail.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s