Le savais-tu ?? Les faux diplômes de Elena Ceaușescu

Le pays tout entier savait qu’elle avait arrêté l’école à quatorze ans. Chaque nouveau diplôme que lui remettait l’université de Bucarest était source d’inédites plaisanteries. alors quand ce fut au tour des universités étrangères de lui accorder des titres de docteur honoris causa en chimie, aux Etats-Unis, en Grèce, en France, en Argentine, le tout amplifié, déformé par la presse d’État, parfois diffusé à la télévision nationale en différé ………..

Cette citation tout droit sorti du roman Dans la brume écarlate de Nicolas Lebel m’a interpellé. Comment des pays étrangers peuvent cautionner cette mascarade. Voila deux livres qui abordent l’époque Ceaușescu puisque La faim et la soif de mickael koudero était lui aussi basé sur l’histoire de la Roumanie.Quoi de plus pour éveiller ma curiosité.

Elena Ceaușescu

Elena Petrescu naît le 7 janvier 1916 en roumaine dans une famille d’origine rurale. Jeune fille, elle tient un bar dans la banlieue de Bucarest où elle termine une scolarité médiocre en quatrième. Avec son frère, elle travaille comme assistante de laboratoire d’analyses avant de devenir ouvrière dans une usine textile.

En 1947 : Elena travaille alors comme secrétaire au ministère des Affaires étrangères, ce qui fait d’elle une figure de l’élite du parti communiste qui ne manquera de rien et ne sera jamais menacée, même aux moments les plus rigoureux de la dictature.

Le  23 décembre 1947, elle se mari avec Nicolae Ceaușescu rencontre dans la parti.

À partir de 1948, elle est affectée au prestigieux département international du Comité central du PC, où elle reste une personnalité de second rang jusqu’à la nomination de son mari au poste de secrétaire général du parti, en 1965. À partir de juillet 1971, lui sont confiés des postes de haut niveau de responsabilité au sein du Parti communiste roumain.

Ses diplomes

Dans les années 1950, elle obtient un diplôme d’ingénierie chimique à l’Université Politehnica (Bucarest), elle devient directrice générale de l’Institut de recherches chimiques roumain et devient également membre de l’Académie des sciences. Son niveau d’instruction limité ne l’empêche pas d’accaparer de nombreux prix scientifiques internationaux en chimie, notamment en matière de polymères, durant la période où son mari est à la tête du pays : il fallait à tout prix que l’ex-assistante de laboratoire devenue l’épouse du n° 1 roumain apparaisse comme le fruit d’une réussite sociale exemplaire et aucun scientifique n’était assez téméraire pour refuser d’écrire les articles qu’elle signait.

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Elena Ceaușescu devient ainsi docteur-ingénieur en chimie, bien que sa thèse ait été tout d’abord refusée pour insuffisance par le professeur Cristofor I. Simionescu, qui fut limogé et son nom retiré des encyclopédies.

Elena Ceausescu trouva en la personne de Ion Ursu, un jeune universitaire servile, dont la carrière devint fulgurante. Ainsi la presse de l’époque put-elle saluer « la contribution décisive » qu’elle apporta à la science dans le domaine de la recherche sur les polymères et les composants de synthèse macromoléculaires… ce qui faisait ricaner ses compatriotes, lesquels rapportaient complaisamment que la femme de leur dirigeant ne connaissait même pas la composition chimique de l’eau.

Cela permet à la première dame roumaine de recevoir des diplômes honorifiques de prestigieuses universités étrangères, elles-mêmes sous la pression de leurs propres gouvernements (notamment celles d’Athènes, Buenos Aires, Lima, Manille, Mexico, Nice, New York, Quito et Téhéran) qui soignaient leurs bonnes relations avec le Bloc de l’Est.

Elena passe pour une scientifique émérite, couverte de doctorats et de distinctions décernées par des institutions occidentales, dont un département de l’université de Nice qui n’existe pas. Mais cela se savait tant dans la population que dans la communauté scientifique du pays, qui est très fermement invitée par la Securitate (police politique du régime) à taire ses railleries, certains scientifiques ayant été emprisonnés.

Pour bien des motifs, les Roumains gardent un ressentiment tenace à l’égard d’Elena Ceausescu , heurtés encore plus par sa prétention, alors que son ignorance et son absence de culture étaient proverbiales, que par l’influence néfaste qu’elle exerçait sur son mari et sur le pays.

La femme du « conducator » n’avait de cesse d’être reconnue comme une scientifique exceptionnelle. L’encyclopédie roumaine de l’époque consacre près d’une demi-page à tous les titres qu’elle s’est fait complaisamment attribués.

Au cours des événements de l’époque, les Roumains ont beaucoup glosé sur la découverte du carnet scolaire de la future femme de leur leader. On y découvrait qu’elle était une élève très médiocre, n’ayant suivi, en tout et pour tout, que deux classes primaires, ce qui amena un journaliste à conclure, sur le mode ironique, qu’elle était vraiment une savante d’exception… aucun autre scientifique, à travers le monde et l’histoire, s’ étant vu reconnaître autant de mérites après si peu d’études.

Distinctions qu’ils se sont vite empressés (Roumanie et Pays étrangers ) de retirer lors de la chute du couple Ceausescu, en décembre 1989.

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