Le tour du monde littéraire : BOSNIE – HERZEGOVINE

Et si on faisait un tour du Monde par l’intermédiaire de différents auteurs et de leurs livres ? Et si on dépassait les frontières sans passeport ? Si finalement on laissait faire leur imagination et leur mot pour nous faire voyager.

Aujourd’hui, on part en Bosnie – Herzégovine !

On va déjà se situer sur une carte !

Un peu d’histoire !

25 juin 1991 La Slovénie et la Croatie proclament leur indépendance

9 janvier 1992 Proclamation de la Republika Srpska par le leader serbe de Bosnie Radovan Karadzic

29 février 1992 Référendum sur l’indépendance du pays, boycotté par les Serbes de Bosnie, accepté par 99,4% de la population bosniaque et croate

5 avril 1992 Début du siège de Sarajevo, qui dure quarante-cinq mois

6 avril 1992 L’Union européenne et les Etats-Unis reconnaissent la Bosnie-Herzégovine

11 juillet 1995 Massacre de plus de 7000 civils musulmans à Srebrenica, sous les ordres du général Ratko Mladic

Août 1995 Les frappes aériennes de l’OTAN contre les positions serbes contribuent à mettre fin à la guerre

14 décembre 1995 Signature des Accords de paix de Dayton

1996 Début des travaux du Tribunal international de La Haye pour l’ex-Yougoslavie (TPIY)

Octobre 2003 Mort de l’ancien président Alia Izetbegovic qui, pendant la guerre, avait forcé l’islamisation de l’armée bosniaque

Juillet 2004 Cérémonie de réouverture du pont de Mostar, détruit en 1993 par des Croates de Bosnie

Mars 2006 Mort de l’ex-président Slobodan Milosevic, mettant fin à son procès

Juillet 2008 Arrestation à Belgrade de Radovan Karadzic

Décembre 2009 Condamnation de la Bosnie-Herzégovine par la Cour européenne des droits de l’homme

3 octobre 2010 Elections générales

26 mai 2011 Arrestation de Ratko Mladic en Serbie

6 juillet 2011 Première visite officielle à Sarajevo du président de Serbie Boris Tadic

Quelques Auteurs

 Ivo Andric

Ivo Andric
Ivo Andric est un écrivain yougoslave.

Né dans une famille croate, il se déclare ensuite serbe après la Seconde guerre mondiale, s’installe définitivement à Belgrade.

Lauréat du prix Nobel de littérature en 1961, il a été membre de l’Académie serbe des sciences et des arts. Il a reçu le titre de Docteur honoris causa de l’Université Jagellonne de Cracovie en 1964.

Rédigé avec un grand souci de vérité historique, ses récits ont pour cadre la Bosnie. Diplomate avant la guerre, il se consacre à la littérature dès 1945. Quand la guerre éclate, et que les Allemands bombardent Belgrade le 6 avril 1941, il refuse de gagner la Suisse, mais rentre à Belgrade où il vit chez son ami Brane Milenković. Dans une petite chambre, il écrit ses deux plus célèbres romans, « La Chronique de Travnik », puis « Le Pont sur la Drina ». Il a été un certain temps président de l’Union des écrivains yougoslaves.

Ivo Andric est, à ce jour, l’auteur de la littérature bosniaque le plus lu et le plus traduit (40 langues). Il léguera son oeuvre à l’Académie serbe des sciences et des arts.

C’est sur ces sentiers que le vent balaie et que la pluie lave et que le soleil infecte et guérit, sur lesquels ne se rencontrent que du bétail martyrisé et des hommes taciturnes au visage sombre, qu’a pris forme ma pensée de la richesse et de la beauté du monde. Là, ignorant et faible et les mains vides, j’ai été heureux jusqu’au vertige, heureux de tout ce qui n’existe pas, ne peut exister, et n’existera jamais. ( « contes de la solitude »)

A Visegrad, c’est sur le pont reliant les deux rives de la Drina – mais aussi la Serbie et la Bosnie, l’Orient et l’Occident – que se concentre depuis le XVIe siècle la vie des habitants, chrétiens, juifs, musulmans de Turquie ou  » islamisés « . C’est là que l’on palabre, s’affronte, joue aux cartes, écoute les proclamations des maîtres successifs du pays, Ottomans puis Austro-Hongrois.
C’est la chronique de ces quatre siècles que le grand romancier yougoslave Ivo Andriécï, prix Nobel de littérature en 1961, nous rapporte ici, mêlant la légende à l’histoire, la drôlerie à l’horreur, faisant revivre mille et un personnages : de Radisav le Serbe empalé par le gouverneur turc, à Fata qui se jette du pont pour éviter un mariage forcé, et au vieil Ali Hodja, le Turc traditionaliste, qui voit avec consternation surgir les troupes de l’empereur François-Joseph.
En 1914, le pont endommagé dans une explosion demeure debout. Sinistre présage, cependant, grâce auquel ce roman paru en 1945, oeuvre d’un écrivain bosniaque par sa naissance, croate par son origine et serbe par ses engagements d’alors, nous paraît aujourd’hui mystérieusement prophétique.

Velibor Colic

Velibor Colic
Velibor Čolić est un écrivain bosniaque vivant en France.

Né dans une petite ville de Bosnie, il perdra sa maison et ses manuscrits réduits en cendres pendant la guerre. Enrôlé dans l’armée bosniaque, il déserte dès mai 1992, est fait prisonnier mais s’échappe et se réfugie en France au mois d’août de la même année.

Accueilli à Strasbourg par le Parlement des écrivains pour une résidence d’un an, l’écrivain y reste quelques temps puis part s’installer en Bretagne où il vit désormais. Il organise des ateliers d’écriture dans les collèges environnants.

Son premier livre paru en France, « Les Bosniaques » (1993), décrit la guerre de Bosnie sous forme de petits tableaux voire de croquis d’après des notes prises en catimini sur le front.

Son roman « Perdido » (2005), biographie imaginée de Ben Webster, saxophoniste de Duke Ellington, se déroule dans le monde du jazz.

En 2008, Velibor Čolić décide d’écrire ses romans directement en français et publie aux éditions Gaïa « Archanges », dans lequel il fait œuvre de mémoire en évoquant les atrocités perpétrées durant la guerre en Bosnie. Il publie par la suite « Jésus et Tito », en 2010, qui reçoit de nombreuses critiques flatteuses.

En 2010 et 2011, il participe à une résidence d’écrivain à l’initiative de Lecture en Tête qui l’avait invité deux ans plus tôt lors du Festival du Premier roman de Laval. Il y écrit « Sarajevo omnibus », son troisième roman en français, paru en 2012 aux éditions Gallimard.

Plus que jamais je suis perdu dans une Europe aveugle, indifférente au sort des nouveaux apatrides. Mes rêves de capitalisme et de monde libre, de voyage et de villes des arts et des lettres sont devenus des mouchoirs en papier usagés, utiles pendant un bref instant mais gênants après l’utilisation. Rien que des cendres. J’ai échangé la fin du communisme pour le crépuscule du capitalisme. (« Manuel d’exil : Comment réussir son exil en trente-cinq leçons « )

En 1970, dans la Yougoslavie de Tito, Velibor a six ans et veut devenir footballeur. Noir et Brésilien, de préférence.

« Relativement tôt, je me suis rendu compte que mes souvenirs, mon enfance, toute ma vie d’avant, appartenaient au Jurassic Park communiste, disparu et enterré avec l’idée de la Yougoslavie. » Velibor feuillette ses souvenirs : une enfance sous le signe de la bonne étoile — rouge — et une adolescence sous influence rock’n roll. On ne choisit pas toujours ses icônes : le petit Jésus contre le maréchal Tito est un match qui se joue tous les jours à la maison.

Velibor navigue entre Jack London et Pelé, puis dans les années 80 entre les Clash et Bukowski. Son grand amour sera la littérature. Devenu grand, Velibor rêve d’être poète. Maudit, évidemment.

Zlata Filipovic

Zlata Filipovic
Zlata Filipović est une écrivaine bosniaque, auteur du Journal de Zlata, un journal écrit au cours du siège de Sarajevo en 1992, alors qu’elle était âgée de onze à douze ans. Elle raconte à « Mimmy » (le nom qu’elle a donné à son journal) l’horreur de la guerre.

Elle a donné de nombreuses conférences dans les écoles et les universités du monde entier et a travaillé avec, notamment, la fondation Anne-Frank, l’Onu et l’Unicef.

Elle a fait partie à trois reprises du jury sélectionné par l’Unesco pour décerner son prix de littérature pour la jeunesse et la tolérance.

Au nombre de ses travaux littéraires, on compte des contributions à plusieurs livres et à des journaux, la préface de The Freedom Writers Diary (Doubleday, 1999), la traduction et la préface de Milosevic, the People’s Tyran (Tauris, 2004).

Récemment, elle a travaillé au département de l’Onu pour les Enfants engagés dans des conflits armés, sous la direction de Olara Ottunu.

Je finirai bientôt mon journal de guerre. Ce sera le dernier journal de guerre que j’écrirai de toute ma vie, car il ne doit plus jamais y avoir de guerre, plus jamais… ( « Paroles d’enfants dans la guerre : Journaux intimes d’enfants et de jeunes gens 1914-2004 « )

1991.
Zlata a onze ans lorsque la guerre éclate à Sarajevo. Du jour au lendemain, l’insouciance de la jeunesse laisse place à l’indignation. Les jeux, l’école et les rires ont disparu devant les tirs incessants, la mort des proches, les nuits d’angoisse dans les caves. Pour dire sa colère, il ne reste à Zlata que son journal, tendrement surnommé Mimmy.  » L’horreur a remplacé le temps qui passe « , écrit-elle avec une lucidité poignante.
Un texte exceptionnel qui nous fait partager le quotidien d’une enfant de la guerre.

Jasna Samic

Ecrivaine bosniaque.

Elle partage sa vie entre la France et la Bosnie depuis presque quarante ans et constate, depuis quelques années, l’émergence d’un islam radical dans une Bosnie qui n’a toujours pas guéri des séquelles de la guerre de 1992-1995.

Elle est aussi spécialiste du soufisme et des langues orientales, a enseigné aux universités de Sarajevo et de Strasbourg et a été directrice associée de recherche au CNRS.

Son dernier roman, « Portrait de Balthazar » (M.E.O Editions, 2012), met en scène un avocat de Sarajevo un peu déboussolé et éditeur à ses heures, chargé par un ami de la publication des « mémoires » d’une peintre exilée à Paris durant la guerre.

Chacun s’imagine avoir quelque chose à nous enseigner de sa propre vie. Formidable époque où tout le monde écrit et personne ne lit ! Freud et la soi-disant liberté sexuelle sont à l’origine de nombreux malheurs. ( « Portrait de Balthazar  » )

À travers trois journaux intimes, écrits à des époques différentes par trois membres d’une même famille, Jasna Samic nous donne un roman sur les rapports fille-père, mais également sur Paris et Sarajevo à la veille des événements qui vont secouer les Balkans dans les années 90. Un avertissement opportun en ces temps où notre vieille Europe dénuée de projet voit se dresser partout les démons nationalistes dont elle semble avoir oublié les ravages. La phrase d’Ödön von Horvath mise en exergue sert de profession de foi à ce roman de double exil : « Je n’ai pas de pays natal et bien entendu je n’en souffre aucunement. Le concept de la patrie, falsifié par le nationalisme, m’est étranger? Mon pays, c’est l’esprit. » Née à Sarajevo, Jasna Samic vit à Paris. Spécialiste des langues, littératures et civilisations orientales, elle a enseigné aux universités de Sarajevo et de Strasbourg, a été directeur de recherche associée au CNRS et collaboratrice de Radio France Internationale et France culture. Traductrice de nombreuses langues, elle a aussi mis en scène des pièces de théâtre à Paris et à Sarajevo, et a réalisé nombre de films documentaires. Elle a été lauréate de « Missions Stendhal » en 2008 et dirige actuellement la revue Knji?evna Sehara, publiée en serbo-croate (bosniaque), français et anglais. Elle écrit en français et en bosniaque (serbo-croate) ; ses ouvrages comprennent des textes sur le soufisme, des essais, des romans, des nouvelles, de la poésie et du théâtre. Son précédent roman, Portrait de Balthazar, également paru aux éditions M.E.O., a obtenu en 2014 le prix Gauchez-Philippot.

Ne ranger pas vos valises ! On repart bientôt ! Le prochain départ sera pour Palaos

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