Le tour du monde littéraire : IRAN

Et si on faisait un tour du Monde par l’intermédiaire de différents auteurs et de leurs livres ? Et si on dépassait les frontières sans passeport ? Si finalement on laissait faire leur imagination et leur mot pour nous faire voyager.

Aujourd’hui, on part en IRAN !

On va déjà se situer sur une carte !

Un peu d’histoire !

– C’est au cours du second millénaire avant notre ère qu’arrivent sur le plateau iranien divers peuples iraniens, provenant d’Asie centrale.

Au milieu du VIIe siècle av. J.-C., les Mèdes, groupes de tribus établis au nord et au nord-ouest du pays, établissent leur pouvoir sur la région.

612 av. J.-C., apparait les premières sources mentionnant Cyrus Ier, roi d’Anshan, petit-fils d’Achéménès, fondateur du premier Empire perse, celui des Achéménides. Les Achéménides construisent un immense empire s’étendant de l’Inde à l’Égypte, reliées entre elles par un immense réseau routier. Le cylindre de Cyrus est la première trace écrite d’une déclaration des Droits de l’Homme, datant de Cyrus.

330 av. J.-C., l’empire perse décline après le règne de Xerxès Ier et est conquis par Alexandre le Grand.

60 av. J.-C. à 1979, est une succession d’invasion et de changement de gouvernance. L’Iran à une histoire si dense qu’il en est difficile de la résumer.

A la fin janvier 1979, le chef des musulmans regagne l’Iran. Les « révolutionnaires » proclament le 1er avril 1979, la République islamique d’Iran. Mais, en novembre 1979 à la suite de la prise d’otage du personnel de l’ambassade des États-Unis à Téhéran l’Iran islamique devient l’ennemi des États-Unis. En septembre 1980, l’Irak , soutenu par les monarchies arabes du golfe Persique, les États-Unis, l’URSS attaque l’Iran. La guerre dure jusqu’en août 1988. plus de 600 000 Iraniens y trouveront la mort et il y aura pour près de 400 milliards de dollars de dégâts en Iran.

Quelques Auteurs

 Maryam Madjidi

Maryam Madjidi est née en 1980 à Téhéran, et quitte l’Iran à l’âge de 6 ans pour vivre à Paris puis à Drancy. Aujourd’hui, elle enseigne le français à des mineurs étrangers isolés, après l’avoir enseigné à des collégiens et lycéens de banlieue puis des beaux quartiers, des handicapés moteur et psychiques, des étudiants chinois et turcs, et des détenus. Elle a vécu quatre ans à Pékin et deux ans à Istanbul.

« Marx et la poupée », son premier roman, obtient le prix Goncourt du premier roman 2017 et le prix Ouest-France Étonnants Voyageurs 2017.

La douce tristesse dans tes yeux. La timidité, tu n’osais parler cette langue étrangère, à la place des mots, tu souriais. Le sourire qui s’excuse, le sourire gêné de ceux qui ne parlent pas la langue du pays.

Marx et la poupée 

Avec ses parents, Maryam doit quitter le pays où elle est née. Elle va devoir dire au revoir à ses poupées. Apprendre à jongler avec la langue d’ici et la langue de là-bas. Manger des plats qu’elle n’a jamais goûtés. Découvrir un monde où elle sera une inconnue. Un monde où il faut tout recommencer. Jusqu’à ce que quelqu’un lui demande : « Comment tu t’appelles ? »

Ecole des Loisirs (2019)

Chahdortt Djavann

Chahdortt Djavann est romancière et essayiste.

Elle est issue d’une très ancienne lignée aristocratique d’Azerbaïdjan, petite-fille et fille de pacha. Elle grandit à Téhéran où elle vit avec sa mère et ses quatre frères et sœurs. L’arrivée de Khomeyni, en 1979, ravage ce qu’il reste des dernières illusions de cette famille. Son père est jeté dans une prison. La famille vend tout pour le récupérer.

Étudiante, elle fuit en Turquie, cherche à entrer à l’Université américaine et contracte, en 1993, un mariage blanc avec un réfugié politique pour décrocher son visa pour la France, limité à trois semaines. Elle arrive en France en 1993 sans être francophone. Elle connait des conditions de vie difficile, enchaînant les jobs précaires, fait une tentative de suicide, avant de rentrer à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS), où elle étudie l’anthropologie et la psychologie sociale et décroche son DEA en un an.

En 1995, avec son bagage et son expérience, elle écrit ses premiers poèmes en français. En 2002, elle publie son premier roman, « Je viens d’ailleurs »’ et raconte comment elle a gardé la tête haute. Un an plus tard, « Bas les voiles ! », un pamphlet s’élevant contre le port du voile, ici et ailleurs, lui vaut une notoriété subite.

En 2016, Chahdortt Djavann, sort un nouveau livre, « Les putes voilées n’iront jamais au paradis », dans lequel elle explique comment « le système islamique contrôle tout ».

Elle est l’auteur de « Comment lutter efficacement contre l’idéologie islamique » (2016), un livre qui entend démontrer comment, sur les questions du voile, de « l’islamophobie » ou du terrorisme, des « idéologues de l’islam ont piégé tout débat et tout discours intellectuel et politique ».

Connue pour ses prises de position contre l’intégrisme musulman, elle a écrit de nombreux articles ou tribunes dans les journaux et ses ouvrages sont traduits en plusieurs langues.

En 2003, elle reçoit le Grand prix de la Laïcité et en 2004, devient Chevalier des arts et des lettres.

Je prends mon pied avec vos pères, vos frères, et vos maris. Ça vous choque ? Eh bien, c’est votre problème, bande d’hypocrites ! je ne vends pas mon corps. Je couche en échange d’argent. C’est un métier honnête et les gens en ont pour le fric. (…)

C’est drôle que, dans ce monde de putes où la corruption, le crime et la prostitution de tout genre gangrènent les sociétés, on s’en prenne à nous, ça en dit long sur la régression de notre époque. Ce n’est pas pour rien que , dès que les extrémistes islamistes s’emparent du pouvoir, ils s’en prennent tout de suite au plaisir en général, et au plaisir sexuel en particulier. Comme les mollahs ici ou les Frères Musulmans en Egypte…

Ils ne supportent pas l’idée que leur mère ait écarté les jambes pour les fabriquer.

Remarquez, elles auraient mieux fait de s’abstenir.

Les putes voilées n’iront jamais au Paradis !

L’amour fusionnel d’une adolescente pour sa tante muette, l’amour passionné de celle-ci pour un homme tournent au carnage dans l’Iran des mollahs. Chahdortt Djavann fait un récit court, incisif et dénué de tout artifice. Écrite dans un cahier, par une adolescente de 15 ans en prison, La Muette est une histoire qu on n’oublie pas.

Naïri Nahapétian



Naïri Nahapétian est née à Téhéran de parents arméniens. Elle a quitté l’Iran à l’âge de 9 ans, après la Révolution islamique. Elle vit à Paris.

Journaliste free-lance durant plusieurs années, elle travaille actuellement pour le mensuel Alternatives économiques.

Elle est l’auteure de l’essai L’Usine à vingt ans paru dans la collection « Bruits » (Les petits matins/Arte éditions, 2006) et publie régulièrement des nouvelles, notamment dans les revues Rue Saint Ambroise, Brèves, etc

Qui a tué l’ayatollah Kanuni ? est son premier roman.

Ignorant toujours Narek, Shadi s’installa près d’un garçon à la chemise blanche immaculée. Celui-ci lui tendit de minuscules capsules bleues

– Tu dois te demander ce que c’est? murmura Vladimir. Tu as déjà entendu parler des larmes d’Allah?

– Les larmes d’Allah?

– C’est une drogue de synthèse très répandue dans les milieux huppés. On y fume beaucoup d’opium à l’ancienne, associé à des remontants. Les larmes d’Allah, précisa-t-il, sont un excitant.

Vladimir ajouta ensuite avec un drôle de sourire:

– Tu voudrais essayer? Si tu veux, tu m’en parles et je t’arrange ça…

Dernier refrain à Ispahan 

Téhéran, juin 2005, veille de l élection de Mahmoud Ahmadinejad. L ayatollah Kanuni, un juge tout-puissant qui préside depuis 25 ans à la répression des opposants iraniens, est retrouvé assassiné dans son bureau du Palais de justice. S agit-il d une revanche des Moudjahedin du peuple? Ou bien est-ce un nouveau règlement de comptes entre mollahs? Malgré eux, trois personnages se trouvent mêlés à cette affaire. Narek Djamshid, qui, après avoir quitté l Iran enfant avec son père pour se réfugier à Paris, rentre pour la première fois dans ce pays. Leila Tabihi, une « féministe islamique » qui tente en vain de se présenter aux élections présidentielles depuis des années. Mirza Mozaffar, ancien politicien, homme public en déclin, mais membre toujours fringuant de la jet set téhéranaise et don juan infatigable. Ces trois points de vues sur l Iran structurent ce roman qui nous fait découvrir que les mollahs sont des hommes d affaires comme les autres, mais aussi que la boisson préférée de la jeunesse iranienne est le Parsi Cola ! L enquête policière permet de revenir sur la période sanglante qui a marqué l instauration de la République islamique. Narek éclaircira ainsi les circonstances de la mort de sa propre mère, au lendemain de la révolution de 1979. Enfin, en filigrane, sont évoquées les raisons de la victoire de l’actuel président iranien Mahmoud Ahmadinejad.

Sorour Kasmaï

Sorour Kasmaï est née à Téhéran en 1962. Elle a quitté son pays en 1983 Arrivée à Paris, après un long périple à travers les montagnes de Kurdistan (cf. La Vallée des aigles, autobiographie d’une fuite), elle étudie la langue et la littérature russe. Elle est bilingue et écrit dans les deux langues persane et française. Elle est également éditrice et dirige aux éditions Actes Sud la collection « Horizons persans », dédiée aux littératures afghane et iranienne. Elle a aussi signé plusieurs traductions. Auteur de nouvelles, traductrice et spécialiste du théâtre russe. son premier roman, Cimetière de verre, inaugure la collection aux éditions Actes Sud « Horizons persans »

Dans « révolution », il y a rêve. La nuit de la révolution, en 1979, tous les habitants de Téhéran furent invités à monter sur les toits pour scruter la lune, ce vieux pays des rêves de l’humanité. Mais après une nuit d’euphorie, ils ne reçurent en partage que des trous noirs qui s’ouvrirent dès le lendemain matin dans les rues de la ville. Et très vite, comme leurs compatriotes de chair et de sang, les personnages de Sorour Kasmaï se rendent compte qu’ils se retrouvent dans l’impossibilité de rêver, que leurs rêves finissent par s’enterrer au fin fond des fosses. A l’instar de ce traducteur, de cet ingénieur, de ce jeune lieutenant de l’ex-armée impériale ou même de ce Procureur-de-la-Sainte-Foi qui veut le triomphe du Bien sur le Mal dans une ville impie construite par Satan en personne. Une ville souterraine reconstituée au fur et à mesure que Mithra, l’héroïne, archéologue de son état, mariée à un médecin légiste alcoolique, enlève couche après couche, les pellicules de terre recouvrant les inscriptions des fragments des stèles de la Citadelle des Morts qu’elle a rassemblées. Le temps légendaire rejoint alors le temps historique, voire politique, celui de la révolution, de la guerre avec l’Irak et celui de Zoroastre. Au bout du compte, cette magnifique tentative littéraire réussit la gageure de rendre visible l’invisible dans ce pays où, une nuit, tout le monde a vu le visage de Khomeiny se dessiner sur l’astre mort. Ecrit par une moderne Shéhérazade, ce roman, tout à la fois réaliste et métaphorique, prémonitoire, tendre, impertinent, drolatique… est celui que, depuis vingt ans, on espérait, sans oser y croire, d’une voix iranienne.

On ne parlait pas encore de révolution. Personne ne prenait les événements au séreux. Seule ma femme avais peur. « Tu n’es jamais là. Abbas est tout le temps dans la rue. Il ne fréquente que les petits musulmans. Il s’est mis à faire la prière comme eux. Il dit même vouloir faire le ramadan » . C’était à la mode. Du jour au lendemain , tout le monde était devenu croyant, ou même pratiquant. Le problème, c’est que nous n’étions pas musulmans. Ma femme et moi, sommes tous les deux zoroastriens de naissance.

Un jour avant la fin du monde 

Marjane Satrapi

Marjane Satrapi est une auteur de bande dessinée française d’origine iranienne et d’expression francophone.

Elle est aussi réalisatrice, scénariste, actrice.

En 1984, à l’âge de 14 ans, elle est envoyée par ses parents au lycée français de Vienne, en Autriche où elle reste pendant quatre ans. Après un retour en 1988 en Iran, et l’obtention d’une maitrise de communication visuelle obtenue à l’école des beaux arts de Téhéran, elle part ensuite, en 1994, en France et fait des études à l’École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg.

Dès son premier ouvrage, le premier tome de « Persépolis », elle rencontre un succès critique et commercial, qui s’est poursuivi par la suite. En 2003, elle publie « Broderies », nommé dans la catégorie du meilleur album au Festival d’Angoulême 2004. Son dernier livre paru en 2004, « Poulet aux prunes », a été couronné par le prix du meilleur album.

Entre 2005 et 2007, elle réalise l’adaptation de Persépolis en long métrage d’animation. Le film reçoit le Prix du Jury du Festival de Cannes et obtient un succès international couronné par deux Césars l’année suivante ainsi que par une nomination à l’Oscar 2008 du meilleur film d’animation.

En 2011, l’adaptation de « Poulet aux prunes » sort au cinéma, film qu’elle réalise avec son fidèle complice Vincent Paronnaud (joué par Mathieu Almaric et Maria De Meideros notamment). Le film est sélectionné en compétition lors de la Mostra de Venise en 2011 et a gagné le prix du meilleur Long métrage au festival international de film d’Abu Dhabi ainsi que le prix du public à São Paulo.

En 2015, elle reçoit le Prix Adamson du meilleur auteur international pour l’ensemble de son œuvre.

Elle parle anglais, allemand, italien et suédois en plus de sa langue maternelle et du français.

Ne ranger pas vos valises ! On repart bientôt ! Le prochain départ sera pour le PARAGUAY

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