Le tour du monde littéraire : COTE D’IVOIRE

Et si on faisait un tour du Monde par l’intermédiaire de différents auteurs et de leurs livres ? Et si on dépassait les frontières sans passeport ? Si finalement on laissait faire leur imagination et leur mot pour nous faire voyager.

Aujourd’hui, on part en Côte D’Ivoire !

On va déjà se situer sur une carte !

Un peu d’histoire !

L’actuelle Côte d’Ivoire s’étend sur un espace qui comprend la région côtière et forestière du Golfe de Guinée autrefois appelée Côte des Dents ou Côte de l’Ivoire. Elle tirait son nom de l’ivoire que les Européens venaient autrefois y chercher. Mais, elle avait dès le début du XIXe siècle cessé de mériter son nom, car l’ivoire, n’était plus dans ces régions un article d’exportation considérable.

Les Européens – Portugais, Français, Danois, Hollandais, Anglais, ont parcouru la côte dès le XIVe siècle, mais leurs  comptoirs commerciaux ne datent que du XVIIIe siècle,. Après l’abolition officielle de la traite esclavagiste, on en retira de l’huile de palme, des gommes, des bois de teinture, parfois encoure un peu d’ivoire et un peu d’or. On y importait en échange des tissus, du genièvre, du rhum, de la verroterie, de la poudre et des faïences. A partir de la seconde moitié du XIXe siècle, les Français commencent à acquérir des positions de plus en plus solides et, après avoir été un temps presque complètement supplantés par les anglais, finissent par expulser tous leurs concurrents. Au cours des dernières années de ce siècle, ils prennent aussi position dans l’arrière-pays et s’assurent une continuité territoriale avec leurs possessions au Soudan Occidental.

  • 1893 La Côte D’Ivoire devient colonie française et est intégrée à l’Afrique Occidentale Française (AOF), créée en 1895.
  • 1960 la Côte d’Ivoire est devenue indépendante et est dirigée pendant plus de trente ans par Félix Houphouët-Boigny, qui a longtemps bénéficié d’une conjoncture économique très favorable. il laisse cependant, à sa mort, un pays ruiné à la suite de la chute des cours du cacao et du café, ses deux principales richesses
  • 1993 . Les successeurs d’Houphoüet-Boigny sont incapables de relever l’économie.
  • 2002 une guerre civile .
  • Depuis, le pays est divisé en deux : le Nord, contrôlé par la rébellion, le Sud, par les troupes loyalistes.

Quelques Auteurs

Koffi Kwahulé né le 17mai1956 à Abengourou en Côte d’Ivoire, est un comédien, metteur en scène, dramaturge et romancier ivoirien. Lauréat 2006 du prix Ahmadou-Kourouma pour son roman Babyface (éditions Gallimard) et Grand prix littéraire ivoirien 2006. Son écriture est très influencée par le jazz et cela se ressent par une musicalité du texte mais aussi par l’adoption d’une implication politique et historique similaire. Pour L’Odeur des arbres (éditions Théâtrales), il a reçu en 2017 le Grand Prix de Littérature Dramatique ainsi que le Prix Bernard-Marie Koltès en 2018. Pour l’ensemble de son œuvre, il a reçu en 2015 le Prix Mokanda et le Prix d’Excellence de Côte d’Ivoire, et en 2013 le Prix Édouard-Glissant.

« Je ne me savais pas capable d’aimer à ce point, d’être heureux que quelqu’un d’autre aime la femme que j’aime […] J’aurais bien sur préféré qu’elle m’aime tout court, mais ça me suffit qu’elle m’aime que bien. Ce qui importe c’est ce que j’éprouve pour elle. Cette émotion-là, je sais qu’elle rassasie mon âme. En revanche, l’amour que l’autre nous porte reste toujours un sentiment flou, un truc hypothétique, un tourment souvent. Voilà pourquoi il est plus important d’aimer que d’être aimé. »

–Nouvel an chinois de Koffi Kwahulé


Ahmadou Kourouma est un écrivain d’origine malinké, une ethnie présente dans différents pays d’Afrique de l’ouest. Son nom signifie « guerrier » en langue malinké. Élevé par un oncle il suit des études à Bamako au Mali. De 1950 à 1954 (pendant la colonisation française), il est « tirailleur sénégalais » en Indochine avant de rejoindre la métropole pour suivre des études de mathématiques à Lyon en France.

En 1960, lors de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, il revient vivre dans son pays natal mais est très vite inquiété par le régime du président Félix Houphouët-Boigny. Il connaît la prison avant de partir en exil dans différents pays, en Algérie (1964-1969), Cameroun (1974-1984) et Togo (1984-1994) avant de revenir vivre en Côte d’Ivoire.

Ahmadou Kourouma fait partie des premiers écrivains qui se sont révoltés contre les dictateurs. En 1970, il publie son premier roman « Les soleils des indépendances » qui porte un regard très critique sur les gouvernants de l’après-décolonisation.

Vingt ans plus tard, il publie son deuxième livre « Monnè, outrages et défis », où il retrace un siècle d’histoire coloniale.

En 1994, il publie « En attendant le vote des bêtes sauvages » qui raconte l’histoire d’un chasseur de la « tribu des hommes nus » qui devient dictateur. À travers ce roman, qui obtiendra le Prix du Livre Inter, on reconnaît facilement le parcours du chef d’État togolais Gnassingbé Eyadéma. En 2000, il publie Allah n’est pas obligé qui raconte l’histoire d’un enfant orphelin qui parti rejoindre sa tante au Libéria devient un enfant soldat. Ce livre obtiendra le Prix Renaudot et le Prix Goncourt des lycéens. La même année, il est récompensé par le grand prix Jean-Giono pour l’ensemble de son œuvre.

Lorsqu’en septembre 2002, la guerre civile éclate en Côte d’Ivoire, il prend position contre l’ivoirité, « une absurdité qui nous a menés au désordre » et pour le retour de la paix dans son pays. Il sera accusé par les journaux partisans du président Laurent Gbagbo de soutenir les rebelles du nord.

Au moment de sa mort, il travaillait à la rédaction d’un nouveau livre « Quand on refuse on dit non », une suite d’ »Allah n’est pas obligé » : le jeune héros, enfant soldat démobilisé retourne en Côte d’Ivoire à Daloa et vit le conflit ivoirien. Ce roman sera publié après sa mort.

« Les soleils des Indépendances s’étaient annoncés comme un orage lointain et dès les premiers vents Fama s’était débarrassé de tout : négoces, amitiés, femmes pour user les nuits, les jours, l’argent et la colère à injurier la France, le père, la mère de la France. Il avait à venger cinquante ans de domination et une spoliation. Cette période d’agitation a été appelée les soleils de la politique. Comme une nuée de sauterelles les Indépendances tombèrent sur l’Afrique à la suite des soleils de la politique. Fama avait comme le petit rat du marigot creusé le trou pour le serpent avaleur de rats, ses efforts étaient devenus la cause de sa perte car comme la feuille avec laquelle on a fini de se torcher, les Indépendances une fois acquises, Fama fut oublié et jeté aux mouches. »

— Les soleils des indépendances – Ahmadou Kourouma


Véronique Tadjo, née le 21 juillet 1955 à Paris, est une écrivaine ivoirienne, auteur de poèmes, de romans et d’ouvrages pour la jeunesse, qu’elle illustre elle-même. Véronique Tadjo lors d’une lecture à Francfort-sur-le-Main, 2001.

Après avoir séjourné longtemps au Kenya et en Angleterre, elle vit aujourd’hui (2011) en Afrique du Sud où elle dirige depuis 2007 le Département du français de l’université du Witwatersrand à Johannesbourg. Elle est lauréate du Grand prix littéraire d’Afrique noire en 2005.

« Tu veux savoir ce que c’est qu’un vrai leader? Moi, je vais te le dire: c’est quelqu’un qui sait reconstruire ce qui a été brisé, rassembler ceux qui ont été séparés. Mais il faut une vision pour y arriver et c’est ce qui nous manque le plus dans ce foutu pays! »

—Loin de mon père de Véronique Tadjo


Marguerite Abouet grandit en famille dans le quartier populaire de Yopougon jusqu’à l’âge de douze ans. Puis, ses parents l’envoient avec son grand frère à Paris, où les héberge leur grand oncle. Elle y découvre avec émerveillement les bibliothèques et se passionne pour les livres.

Elle écrit bientôt des romans qu’elle ne fait lire à personne, tout en devenant tour à tour punk, supernounou pour triplés, pour mamies et papis, serveuse, opératrice de saisie… Après une carrière d’assistante juridique, elle décide de se consacrer uniquement à l’écriture et crée le personnage d’Aya, avec la complicité du dessinateur Clément Oubrerie, son mari.

Elle y raconte avec une voix et un humour inédits une Afrique loin des clichés, de la guerre et de la famine. La série comprend six tomes parus entre 2005 et 2010. En 2006, Aya de Yopougon est célébré par le prix du Premier album au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême.

En 2011, Marguerite Abouet se lance dans la réalisation pour l’adaptation d’Aya de Yopougon en film d’animation, qu’elle coréalise avec Clément Oubrerie. Cette adaptation, sortie en juillet 2013, est nommée au César du meilleur film d’animation l’année suivante.

Elle prête sa voix à un personnage du long métrage d’animation Le Chat du Rabbin, de Joann Sfar et Antoine Delesvaux, adapté de la série de bandes dessinées éponyme. En 2013, elle double les personnages de Fanta et de mère Mamadou dans le film d’animation Aya de Yopougon adapté de la bande dessinée.

Marguerite Abouet vit à Noisy le Sec, près de Paris. Elle écrit de nombreuses histoires pour le livre, la télévision et le cinéma. Elle travaille aussi beaucoup pour l’association qu’elle a fondée, « Des livres pour tous », dans le but de rendre le livre plus accessible aux enfants d’Afrique en y créant des maisons de quartier bibliothèques.
Récemment, elle a participé au livre « Traces de la grande guerre » (collectif 2018).

Elle est Chevalier des Arts et des Lettres.

Gervais, je compte sur vous : soyez ferme, car comme dit le sage : les oreilles ont beau pousser, elles ne dépasseront jamais la tête.

— Aya de Yopougon, tome 2 de Marguerite Abouet

J’espère que ce petit tour en Côte d’Ivoire vous a plu et qu’il va vous donner envie de découvrir ce pays et ses auteurs.

Ne ranger pas vos valises ! On repart bientôt ! Le prochain départ sera pour le Vietnam

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