Santa muerte – Gabino Iglesias

Santa muerte déboule en noir, très très noir avec un zeste de folie. Ce roman court déferle entre nos mains comme les tous les ovnis littéraires. Inclassable mais pourtant inratable.

Fernando est un mexicain qui a fui son pays. Fernando n’est pas un enfant de chœur, en cela on en est certain, mais il n’est pas aussi le grand méchant de l’histoire. Fernando a des amis pas très catholiques, lui qui pourtant prie la sainte mère. Fernando se retrouve mêlé à un règlement de compte et, se fait aider d’une prêtresse Santeria, d’un chanteur portoricain dingue et d’un tueur à gages russe.

Quand on t’enlève un être cher, non seulement l’illusion s’effondre, mais c’est comme si tu te retrouvais soudain jeté dans un cachot, entouré de murs oppressants. La haine devient un cancer qui te ronge de l’intérieur et le seul remède est la vengeance. Le sang. L’action. Les gens disent tout un tas de conneries sur la vengeance, mais comment quelque chose qui paraît si bon, si libérateur, et si légitime pourrait-il être mauvais ?

Fernando va voir son ami se faire torturer et tuer. Prit par un désir de vengeance et aussi un peu sauver sa peau, Fernando va s’entourer de tout les gros bras de sa connaissance afin d’affronter ce gang qui fait le ménage autour de lui. Terminé son petit trafic de drogue, Fernando doit s’en remettre à la Santa Muerte .. C’est marche ou crève, encore une fois .

Pris entre l’absurdité de certaines scènes avec un humour caustique et l’ambiance noire, glauque. Le lecteur ne pourra être indifférent à cette lecture. On aime ou on n’aime pas cette lecture, mais je ne pense qu’il pas qu’on puisse se retrouver au milieu. Comme dans ce roman, il n’y a pas de demi-mesure.

Quand les hommes parlent du danger, c’est toujours pour dire qu’il faut laisser sa peur de côté et prendre le problème à bras-le-corps. C’est des conneries. Moi, je suis un lâche qui aime la vie et qui est prêt à tout pour ne pas la perdre. Et le meilleur moyen de ne pas se faire tuer, c’est souvent de fermer sa gueule et d’acquiescer.

Quatrième de couverture :

Santa Muerte, protegeme… Austin, Texas. Tu t’appelles Fernando, et tu es mexicain. Immigré clandestin. Profession ? Dealer. Un beau jour… Non, oublie  » beau « . Un jour, donc, tu es enlevé par les membres d’un gang méchamment tatoué qui ont aussi capturé ton pote Nestor. Pas ton meilleur souvenir, ça : tu dois les regarder le torturer et lui trancher la tête. Le message est clair. Ici, c’est chez eux.
Fernando croit en Dieu, et en plein d’autres trucs. Fernando jure en espagnol, et il a soif de vengeance. Avec l’aide d’une prêtresse Santeria, d’un chanteur portoricain cinglé et d’un tueur à gages russe, il se résoud à déchaîner l’enfer. Ecartelé entre deux pays, deux cultures, deux traditions, Fernando est un héros des temps modernes. Quand toutes les frontières se brouillent, géographiques, morales, spirituelles, seul un nouveau genre littéraire peut dessiner le paysage.
Gabino Iglesias invente donc ici le barrio noir. Il y conjugue à merveille douleur et violence de l’exil, réalisme social et mysticisme survolté, mélancolie et humour dévastateur.

4 commentaires

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s