Le Diable, tout le temps – Donald Ray Pollock

Alors que viens de sortir l’adaptation ciné de ce roman, je vais revenir sur le roman. Le Diable, tout le temps est un roman noir, affreusement noir, terriblement noir qu’on cherche la seule lumière : la plume de l’auteur.

C’est une sorte de roman choral que Donald Ray Pollock nous offre. L’histoire débute avec ce fils qui revient de la guerre. Brisé, mais lors d’une escale pour rentrer chez lui va faire la rencontre de la femme de sa vie. De cette union naitra un fils, bonheur vite oublié par le destin tragique de sa femme et la folie du père.

Parfois Charlotte avait une crise particulièrement douloureuse, et Willard accusait son fils de ne pas vouloir qu’elle aille mieux. Il frappait le garçon, lui donnait des coups de pied puis, plus tard, était envahi de remords. Parfois, il semblait à Arvin que son père s’excusait chaque jour auprès de lui. Au bout d’un moment, il arrêta d’y faire attention et accepta les coups, les mots blessants et les regrets qui allaient avec comme un simple élément de la vie qu’ils menaient désormais.
La nuit, ils continuaient à prier jusqu’à ce que leurs voix s’éteignent, puis rentraient titubants de fatigue à la maison et buvaient de l’eau tiède dans le seau du puits, sur le comptoir de la cuisine, avant de s’écrouler sur leur lit, épuisés.
Pourtant Charlotte était de plus en plus maigre, se rapprochait de la mort.
Quand il lui arrivait d’émerger du sommeil de la morphine, elle suppliait Willard d’arrêter cette folie, de la laisser partir en paix.
Mais il n’était pas prêt à renoncer. Si quelque chose qu’il avait en lui était nécessaire, qu’il en soit ainsi.
A tout moment, il espérait que l’esprit de Dieu allait descendre et la guérir, et quand la deuxième semaine de juillet arriva à sa fin, il put trouver un peu de réconfort dans le fait qu’elle avait déjà duré plus longtemps que le docteur l’avait prédit.

C’est aussi l’histoire d’une petite fille, née d’un père menteur invétéré et d’une mère influençable. Petite fille très pieuse à la recherche de son histoire après avoir été recueilli par une amie de sa mère.

On retrouve également un couple serial-killer qui traverse l’Amérique à la recherche de proies. Ou un prêtre violeur et pédophile, un flic ripoux ……

Vous comprendrez qu’effectivement le Diable est partout ! On cherche la bonté dans l’être humain, mais tout est vil dans ce roman. Seuls la grand-mère et son frère ont l’empathie et la bonté en eux.

Un livre glauque donc. Difficile à lire. Sans la beauté de la plume de l’auteur, je pense que je n’aurai pas terminé ce livre tant il est anxiogène.

Quatrième de Couverture :

De l’Ohio à la Virginie-Occidentale, de 1945 à 1965, des destins se mêlent et s’entrechoquent : un rescapé de l’enfer du Pacifique, traumatisé et prêt à tout pour sauver sa femme malade ; un couple qui joue à piéger les auto-stoppeurs ; un prédicateur et un musicien en fauteuil roulant qui vont de ville en ville, fuyant la loi… La prose somptueuse de ce premier roman de D. R. Pollock contraste avec les actes terribles de ses personnages. Un univers terrifiant que la critique n’hésite pas à comparer à ceux de Flannery O’Connor, Jim Thompson ou Cormac McCarthy.
 

C’est un roman monstrueux qui se subit comme un fléau biblique dans une langue d’un autre temps. On n’a rien lu d’aussi dévastateur depuis des années. Nicolas Ungemuth, Le Figaro Magazine.

Pollock sublime l’immoral, touche par sa prose lumineuse et donne ici un livre marquant, bien dans la démesure américaine. Liliane Kerjan, La Quinzaine littéraire.

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