Iboga – Christian Blanchard

Christian Blanchard nous plonge dans les tréfonds de l’âme humaine et tout cela dans une cellule de 7m².

Jefferson Petitbois à 16 ans lorsqu’il est condamné à la peine capitale. Nous sommes le 28 octobre 1980 et « La Louisette » est toujours active en France. Commence pour Jeff une longue attente.

Épié en permanence, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Toujours un gardien pour m’observer. Que je mange, dorme, pisse ou chie… il y aura toujours le regard d’un maton sur moi. Ne pas me laisser me suicider. Une frustration nationale. Ne pas me laisser me soustraire à la justice des hommes. Les contribuables ont droit à leurs jeux du cirque. Je serai leur prochaine attraction. La société : droit de vie ou de mort sur ses ouailles.

Ce roman est absolument étonnant ! L’auteur réussi à alimenter près de 300 pages avec l’enfermement d’un homme en l’isolement. Son quotidien est de dormir, manger et une heure de promenade. Sinon rien. Jeff ne sait presque pas lire ni écrire et de toute façon n’ayant pas de famille il n’a pas d’argent pour agrémenter ses journées. Cela veut dire aussi aucun parloir.  Il est seul avec les quelques matons qui s’occupent de lui. Seul avec la mort (la sienne, mais aussi celle qu’il a offerte à ses victimes) seul avec son passé et surtout seul dans sa geôle.

Et pourtant, on est transporté par ce personnage que l’on prend en pitié. Et bien que nous soyons parfois dans un huis clos, à aucun moment le temps ne nous semble long ! Nous savons que Jeff a fait des choses horribles, mais Christian Blanchard parsème quelques brides de son histoire avec beaucoup de parcimonie, car l’important n’est pas là, le principal est l’homme enfermé et isolé. Non, l’enfant meurtrier.

J’ai eu un véritable coup de cœur pour ce roman noir qui m’a fait penser à quelques occasions à La ligne Verte . Je trouve mes mots bien pâles lorsque je réfléchis à la multitude d’émotions ressenties dans cette lecture. Il traite de tant de sujets de façon si facile, mais aucunement avec légèreté (la peine de mort, l’adoption, les familles d’accueil, l’isolement, la manipulation, l’humanité , la compassion …)

Superbement écrit, une trame richement ciselée, un personnage central absolument exceptionnel et un maton horripilant . Si vous me faites confiance alors, lisez ce livre !

D’autres blogs en parlent ! Si vous souhaitez approfondir.
En Positif : autant en emporte les livresles lectures de mylene

En négatif ou plus mitigé : alex mot a mots – maud bonnefond

Mon score:

  • Originalité5-5-bis
  • Facilité de lecture
  • Charge émotionnelle
  • Dépaysement
  • Addictif
  • Instructif
  • Absence de longueur
  • Humour
  • Crédibilité
  • Coup de cœur

Quatrième de couverture:

Pire que la peine de mort : la réclusion à perpétuité… 28 octobre 1980. Jefferson Petitbois, condamné à la peine de mort, est incarcéré à la maison d’arrêt de Fresnes. Pour rejoindre sa cellule dans le couloir de la mort, il croise la  » Louisette « .Comme un outrage à la dignité humaine, un doigt d’honneur à la vie, la guillotine trône au milieu de la cour. Accompagné de deux gardiens, il la frôle et sent son odeur de graisse et de limaille.Dix-sept ans ! Suffisamment grand pour tuer donc assez vieux pour mourir… Deux ans auparavant, Jefferson avait rencontré Max, son protecteur et mentor. Iboga était alors entré en lui. Iboga l’avait rendu plus puissant. Immortel. Meurtrier.Une fois, Max m’a dit quelque chose que j’ai compris plus tard : Si tu commences à mentir, mec, tu seras obligé de le faire tout le temps et tu seras piégé un jour parce qu’il y aura des incohérences, des trucs qui n’iront pas ensemble. En revanche, si tu dis la vérité, tu ne seras jamais mis en défaut. J’ai dit la vérité aux flics, avocats, juges et jurés. J’ai pris perpète et failli avoir la tête tranchée. Ce livre raconte la vérité… La vérité selon Jefferson Petitbois… Un homme trop jeune pour mourir.

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