Michaël Mention répond à vos questions

Il y a quelques semaines, j’avais ouvert ce blog aux lecteurs afin de poser quelques questions à Michaël Mention. Jeune auteur de talent, qui a une plume caméléon, avant-gardiste et immersive ! Vous ne le connaissez pas, c’est une grave erreur mais vous allez pouvoir au moins le découvrir à travers les questions des fidèles du blog . Et je suis certaine qu’après cela vous irez chez votre libraire 🙂

Agnès G. : Quand sort le prochain ?

Mon prochain bouquin sortira en 2018 et j’ai hâte !

Samantha :  Comme le dit Stef, tu te renouvelles dans ton écriture à chaque roman, c’en est incroyable ! J’aimerais savoir comment tu choisis les sujets de tes romans ? Quel élément ou événement est déclencheur dans tes choix ?

Ça dépend. En général, quand je suis en phase d’écriture, j’ai toujours une nouvelle idée en suspens, un thème qui m’obsède et que je n’ai pas encore eu l’occasion de traiter (ou le courage). Si je commence à faire des insomnies, c’est bon signe : ça veut dire qu’il est temps de creuser, de me documenter, de voir où m’entraîne ce sujet… qui m’ouvre le plus souvent à d’autres aspects. C’est ce qui s’est passé avec Jeudi noir : le match, le suspense, l’arrière-plan historique, le contexte politique et culturel, c’est ce que j’appelle un sujet en or. Idem pour La voix secrète : j’ai été séduit par la plume de Lacenaire et, à travers lui, je me suis intéressé au 19e siècle, aux conditions des travailleurs, aux réformes politiques, etc. Bref, quand le sujet me « parle », je dresse un premier plan pour essayer de structurer le récit à 50% ou 60%, ce qui me permet de le concrétiser dans ma tête. Et si j’y crois, je me lance.

Sylvie G.

  • Mon cher Michael, aimerais-tu qu’un de tes livres soit adapté au cinéma ou à la télé ? Et lequel ?

Tous, bien qu’une adaptation au cinéma me paraisse difficile en France. Je connais un peu le milieu des producteurs et leur frilosité quant à certains sujets. D’autant que j’écris beaucoup sur le passé et les pays étrangers, ce qui impliquerait un financement plus important. Je pourrais écrire un bouquin calibré pour les prods (intrigue réduite, époque actuelle, peu de persos, thème dans l’air du temps, etc), mais je n’en ai pas envie. Et quand bien même, j’en serais incapable, je suis trop spontané pour ça. Je ne suis donc pas frustré, étant conscient de tous ces paramètres avant même de débuter un bouquin : si une adaptation se fait, c’est cool, si ça ne se fait pas, je ne serai pas surpris.

  • La science fiction, le nature writing, l’héroic fantasy, ça te tente pour un prochain livre?

Oui, surtout l’anticipation et le fantastique. Ce sont des cultures dont je me réclame autant que le polar et la politique-fiction. J’ai deux romans fantastiques dans mes tiroirs, qui seront publiés dans les années qui viennent.

  • Plus personnelle : qu’est-ce qui te rends heureux ? et à contrario malheureux ou qui t’énerve?

Ce qui me rend heureux, c’est la vie, tout simplement. Ma famille, mes potes, la lecture, la musique, le cinéma, la bouffe… d’un point de vue personnel, l’écriture est ma priorité, ce qui ne signifie en aucun cas qu’elle passe avant ma famille mais qu’elle est la composante essentielle dans le rapport que j’ai à ma famille. L’écriture est mon régulateur : quand j’écris, je m’apaise et je me sens plus serein pour m’impliquer dans le reste. Quant à ce qui m’énerve et m’affecte, je l’écris. Le meilleur exemple est Bienvenue à Cotton’s Warwick qui est mon bouquin le plus radical et grâce auquel j’ai pu me libérer de pas mal de trucs.

Dav Danakin :  c’est quoi ton secret pour dégager autant de sympathie??? …. plus sérieusement.. on peut avoir un scoop sur ton prochain roman?

L’autre jour, en sortant du boulot, j’ai croisé un client qui était passé à ma caisse le matin. On échange quelques mots et il me dit « Vous êtes vraiment sympa, vous ! » Je lui ai répondu « Je m’adapte. Quand les gens sont sympas, je suis sympa. Quand ils sont cons… ». Et pour répondre à ta question, mon prochain bouquin traitera du Parti des Black Panthers, fondé en 66 aux Etats-Unis. Un sujet passionnant, riche en progrès sociaux et en contradictions, méconnu en Europe pour cause de propagande de la part du FBI et des médias américains.

Au pouvoir des mots : Michael, tu nous emmènes jusqu’où le prochain coup ?

Comme je l’ai dit plus haut, en 2018, je vous emmènerai dans les années 60-70, aux Etats-Unis. Ce sera politique, social, violent, fun, musical… je m’arrache les cheveux car cette époque soulève d’innombrables sujets, mais j’essaie de garder le cap, ne pas perdre de vue l’essentiel et l’axe du récit. Je m’éclate en écrivant ce bouquin et j’espère que vous aurez le même plaisir en le lisant.

Marc M.: Peux-tu nous donner le titre de ton livre de chevet et pourquoi celui-ci ?

Oh, j’en ai tellement… là, tout de suite, je pense à Des souris et des hommes, que j’ai très envie de relire. J’écris en ce moment un bouquin très urbain, bourré de personnages et d’enjeux, alors quand j’aurais terminé, je me replongerai avec plaisir dans ce chef d’œuvre de Steinbeck. Un drame intimiste, dans un cadre rural, loin des flingues et du deal. Des souris et des hommes est une piqûre de rappel tous les quatre/cinq ans, histoire de me rappeler ce qu’est un vrai roman, simple et poignant.

Amandine C. : peux-tu imaginer un de tes romans en Bd et si oui lequel serait à ton avis le plus adapté ?

Quand j’étais ado, je faisais des BD et j’ai toujours été sensible à cet art, injustement méprisé par certaines élites (même si le regard porté sur la BD évolue enfin). L’un de mes bouquins en BD ? Peut-être … Et justice pour tous, que je verrais bien en noir et blanc. Ou La voix secrète, puisque l’une de mes inspirations était From Hell d’Alan Moore. Dans le bouquin, il y a un passage où le tueur poursuit un enfant et essaie de le scalper. La nuit brumeuse, le son de la lame, la cape déployée de l’assassin… je voulais un aspect « BD » pour ce genre de moment.

 

Moi : (dans la précédente interview avec Franck Bouysse, Céline avait posé une question assez sympa ! Alors je te la pose également ! ) Michael, tu dois partir précipitamment de chez toi et prendre un seul livre dans ta bibliothèque, lequel ?

Alors, ce sera un livre de la bibliothèque de ma fille, Un peu perdu de Chris Haughton. Un petit bouquin qui la captive et qui me fait pas mal tripper : l’histoire d’un bébé chouette qui a perdu sa maman et qui la cherche, enquêtant du côté des grenouilles et des écureuils. J’adore le graphisme, l’humour des situations, tout !

Et deuxième question, tu dois choisir un seul de TES livres pour offrir à une personne que tu ne connais pas , quel choix fais-tu pour que cette personne découvre ton univers ?

Alors, sans hésiter une seule seconde, mon bouquin sur les Panthers. Pour que cette personne découvre non pas mon univers, mais qui je suis. Je ne me suis jamais autant impliqué dans un récit, j’y mets toutes mes valeurs, mes colères, tout ce qui me conduit à me lever le matin et à me coucher le soir sans rien regretter.

Merci à Michael pour cette gentille participation 

 

Publicités

13 comments

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s