Rien ne se perd – Cloé Mehdi

Rien ne se perd de Cloé Mehdi c’est l’histoire d’un gamin, d’une banlieue, d’un espoir anéanti et de survie.

Mattia a onze ans. Sa famille est disloquée, sa mère ne peut plus l’éduquer, sa soeur va-et-vient, son demi-frère ne souhaite pas l’avoir dans les pattes et son père est mort. Ne lui reste plus que Zé, un jeune homme instable qui aime une jeune femme suicidaire. Voilà, c’est le monde de Mattia. Mattia et la cité, et ses interrogations, et les affiches d’un jeune mort depuis plusieurs années qui réapparaissent.

A 19 heures on passe à table. Gabrielle invite les travailleurs sociaux à se joindre à nous. Titre du documentaire : « La famille dysfonctionnelle dans la vie quotidienne ». Ça pourrait même faire une bonne émission de télé-réalité. J’imagine le pitch : Un meurtrier passionné de poésie, une dépressive suicidaire et un enfant perturbé tentent de vivre ensemble au-delà de leurs différences, mais les services sociaux s’en mêlent. Zé, Gabrielle et Mattia parviendront-ils à faire illusion et à déjouer la menace ?

Ce qui est bluffant dans ce roman, c’est l’intelligence, la perspicacité de ce gamin de 11 ans. On comprend ses non-dits, sa retenue. Il a un langage d’adulte avec une réflexion encore plus mature que son entourage, mais avec ses peurs d’enfants. Ce môme est très attachant, lui qui pourtant est si seul.

Cloé Medhi, nous offre un roman noir, saturé de résignation. Habituellement on entend « Rien ne se perd, tout se transforme  » en l’occurrence je dirai plutôt  » Rien ne se perd, tout se transmet  » . Car dans ce roman, c’est exactement ça ! On transmet nos peurs, nos constats. On transmet notre passé, notre histoire. On transmet notre souffrance, notre résignation ou on contraire notre combativité . Et Mattia est le réservoir de tout cela. Du haut de ses 11 ans, il comprend tout ça.

Vous l’aurez compris, il y a deux histoires dans ce roman : l’histoire de Saïd , le jeune homme mort lors d’une bavure policière et celle de Mattia. Celle de Saïd est la toile de fond de celle de Mattia. Tout est enchevêtré brillamment et avec beaucoup de sensibilité.

Un deuxième roman pour cette auteure. Une très belle réussite. Quand la désespérance frôle la folie, cela donne des personnages captivants. A découvrir !

D’autres blogs en parlent ! Si vous souhaitez approfondir.
En Positif : Emotionsbob polar express

En négatif ou plus mitigé : Avis de Rodin_Marcel sur BabélioAvis de LeslecturesdeMaud sur Babélio

Mon score:

  • Originalité4-5-bis
  • Facilité de lecture
  • Charge émotionnelle
  • Dépaysement
  • Addictif
  • Instructif
  • Absence de longueur
  • Humour
  • Crédibilité
  • Coup de cœur

Quatrième de couverture:

Une petite ville semblable à tant d’autres… Et puis un jour, la bavure… Un contrôle d’identité qui dégénère… Il s’appelait Saïd. Il avait quinze ans. Et il est mort… Moi, Mattia, onze ans, je ne l’ai pas connu, mais après, j’ai vu la haine, la tristesse et la folie ronger ma famille jusqu’à la dislocation… Plus tard, alors que d’étranges individus qui ressemblent à des flics rôdent autour de moi, j’ai reconnu son visage tagué sur les murs du quartier. Des tags à la peinture rouge, accompagnés de mots réclamant justice ! C’est à ce moment-là que pour faire exploser le silence, les gens du quartier vont s’en mêler, les mères, les sœurs, les amis… Alors moi, Mattia, onze ans, je ramasse les pièces du puzzle, j’essaie de comprendre et je vois que même mort, le passé n’est jamais vraiment enterré ! Et personne n’a dit que c’était juste…

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