Le tour du monde littéraire : ZIMBABWE

Et si on faisait un tour du Monde par l’intermédiaire de différents auteurs et de leurs livres ? Et si on dépassait les frontières sans passeport ? Si finalement on laissait faire leur imagination et leur mot pour nous faire voyager.

Aujourd’hui, on part au Zimbabwe !

On va déjà se situer sur une carte !

Un peu d’histoire en date !

Le Zimbabwe est un pays enclavé de l’Afrique australe connu pour ses paysages spectaculaires et sa faune diversifiée, visible en grande partie dans les parcs, les réserves et les espaces de safari. Sur le Zambèze, les chutes Victoria plongent avec fracas d’une hauteur de 108 mètres dans les gorges étroites de Batoka, où il est possible de pratiquer le rafting et le saut à l’élastique. En aval se trouvent les parcs nationaux de Matusadona et de Mana Pools, qui abritent des hippopotames, des rhinocéros et des oiseaux.

1200-1600 Le clan shona fonde l’Empire du Monomotapa. Sa capitale, Great Zimbabwe, rayonne du désert du Kalahari à l’océan Indien.

1830 La minorité ethnique ndébélée fuit l’avancée des Boers et des guerres zouloues en Afrique du Sud pour s’installer à l’ouest du Zimbabwe.

1889-1923 Cecil Rhodes, fondateur de la British South Africa Company, colonise pour Londres la future Rhodésie du Sud.

1965 La minorité blanche menée par le Premier ministre Ian Smith proclame unilatéralement l’indépendance de la Rhodésie. C’est le début de la guérilla contre le régime suprématiste par deux fractions rivales : le Zanu-PF (soutenu par Pékin) et le Zapu (appuyé par Moscou).

1980 Indépendance. Robert Mugabe, chef du Zanu-PF, devient Premier ministre. Joshua Nkomo, chef de la Zapu, rentre au gouvernement.

1982-1986 Limogeage de Nkomo et répression de ses partisans ndébélés.Au total près de 20 000 morts. En 1987, Robert Mugabe devient président.

2000 Une réforme agraire cible les 4 000 fermiers blancs qui controle 70 % des terres . Le secteur agricole s’effondre.

2002 Réélection de Mugabe sur fond de violences. Cela engendre des sanctions internationales. Le pays devient un Etat paria.

2003 Début de la Look East Policy : le régime fait appel aux investissements chinois pour remplacer les partenaires occidentaux.

2006 L’inflation passe la barre des 1 000 % par an. Deux ans plus tard, elle atteint un taux de 231 millions %.

2008 Réélection de Robert Mugabe après une sanglante répression (plus d’une centaine de morts) des militants du parti d’opposition MDC.

2013 Nouvelle victoire de Robert Mugabe aux élections générales.

Novembre 2017 Coup militaire. Robert Mugabe est contraint de démissionner. Son ancien vice-président, Emmerson Mnangagwa, lui succède.

Juillet 2018 Emmerson Mnangagwa sort vainqueur des premières élections organisées sans Mugabe depuis l’indépendance. Le MDC rejette les résultats.

Quelques Auteurs

Lucy Mushita

Née dans l’actuel Zimbabwe, qui s’appelait alors Rhodésie du Sud, Lucy Mushila agrandi dans un village à l’époque de l’apartheid.

En 1986, six ans après l’indépendance de son pays, elle est venue vivre en France.

Elle a ensuite séjourné aux Etats-Unis et en Australie, puis s’est installée à Nancy.

Chinongwa est son premier roman, largement inspiré de la vie de sa grand-mère.

Il feuillète mon passeport comme si c’était le Nouveau Testament. Il montre la photo et demande qui est ce type. Je lui dis que c’est moi, qu’il s’agit d’un Photomaton. avec Photomaton, vous n’avez pas du tout l’air en voyage d’affaires, mais condamné à errer de par le monde sans sépulture. (Ce qu’ils font est juste)

Depuis que sa soeur aînée a été « cédée », c’est-à-dire donnée en mariage à un riche vieillard contre de la nourriture, Chinongwa, neuf ans, sait quel sort l’attend. Sa famille est la plus pauvre du village et elle sera échangée elle aussi. Mais quand son père et sa tante partent en quête d’un parti pour elle, la fillette est si maigre que leur entreprise ne suscite que pitié ou raillerie – en aucun cas intérêt. C’est finalement une femme stérile qui offre Chinongwa comme deuxième épouse à son propre mari, une femme d’abord bienveillante mais qui la voit bientôt comme une concurrente. Chétive, ignorante, la trop jeune Chinongwa puise sa force clans un entêtant instinct de survie. Baigné de légendes familiales et de superstitions rurales, son monde est comme éclairé par un merveilleux candide qui résonne jusque dans la langue de Lucy Mushita. C’est cette poésie fruste, cette simplicité, cet humour aussi, qui font de Chinongwa, bien plus qu’un témoignage sur un village d’Afrique australe au début du XXe siècle, un roman poignant sur l’accession d’un individu à l’indépendance, payée au prix fort.

NoViolet Bulawayo

Diplômée de l’université Cornell d’Ithaca, elle vit et enseigne à San Francisco. We need new names son premier roman (2013) a été inclus dans le Man Booker Prize 2013.

Ils dansent bizarre. Les bras et les jambes s’envolent, les corps se tordent. Ils se penchent en avant comme pour semer, ils descendent jusqu’au sol, ils se relèvent comme des fouets qui battent l’air. Ils se serrent tous en ensemble comme un troupeau dans un kraal, et puis ils s’éparpillent comme des os cassés. Ils se ramassent, ils regardent le ciel, ils se protègent du soleil et puis ils appellent la pluie avec leurs mains. Quant elle vient pas ils secouent la tête tellement ils sont déçus et puis ils redescendent, ils s’enfoncent-s’enfoncent-s’enfoncent comme des bateaux qui coulent. Et puis ils se redressent, ils se tiennent le ventre et le cœur comme des femmes qui ont mal, ils lèvent les bras au ciel comme pour prier, ils s’accroupissent comme si ils s’enterraient. Ils se relèvent encore, d’un coup, ils se mettent sur la pointe des pieds et ils étirent leurs bras comme des avions qui volent vers des terres lointaines. (Il nous faut de nouveaux noms)

NoViolet Bulawayo (Zimbabwe), Constance Myburgh (Afrique du Sud), Olufemi Terry (Sierra Leone), Rotimi Babatunde, Tope Folarin et Chinelo Okparanta (Nigeria) – Nouvelles traduites de l’anglais par Sika Fakambi.

Cette sélection de six longues nouvelles saluées par le Caine Prize pour la littérature anglophone d’Afrique – émanation du fameux Booker Prize – nous démontre superbement l’originalité et la puissance d’invention de cette toute jeune génération d’écrivains. À commencer par NoViolet Bulawayo, qui nous bouscule sans retenue avec son saisissant Snapshots, où tout du long, l’auteur interpelle son héroïne. Une petite fille au départ d’une vie déshéritée, entre un père bronchiteux qui fume sa mort, une mère esclave colérique, ses frères et sœurs qui iront l’un après l’autre tenter la malchance funeste de l’autre côté de la frontière, en Afrique du Sud. La fillette grandit comme un brin d’ivraie épargnée par la faux, vend des œufs durs au chaland quand naissent ses petits seins « à la coque à l’amour ». « Tu as quatorze ans et demi quand tu rencontres Givemore sur Main Street. » Celle que Givemore appelle Sunrise au matin de leur rencontre et Sunset le soir venu ne connaîtra pas l’âge adulte. Mais irrésistiblement contée dans une langue parlée des plus accomplies, son histoire lamentable devient pour nous emblématique du désastre humanitaire au Zimbabwe comme dans tout le « Tiers-Monde », alors que l’immense énergie opprimée de la jeunesse ne demande qu’à inventer l’avenir.
Tous ces auteurs ont en partage des thématiques les plus actuelles, dans des zones d’urbanisation éruptives où règnent violence, misère et corruption, mais aussi les plus folles espérances. Trempée dans les réalités mutantes des grandes cités, cette langue anglaise postcoloniale devient un extraordinaire espace de métamorphose des imaginaires et des sensibilités. On notera la remarquable performance de Sika Fakambi, la traductrice (Prix Baudelaire de traduction de la SGDL 2014 pour Notre quelque part de Nii Ayikwei Parkes) qui, une fois de plus, a su mettre tout son talent, et un véritable génie de la transposition du ton et du rythme, dans ces six traductions.

Chenjerai Hove

Né dans la Rhodésie du Sud britannique en 1956, poète, romancier et essayiste, Chenjerai Hove a suivi des études universitaires en Afrique du Sud et au Zimbabwe. Il a travaillé comme enseignant et journaliste.

Hove a été en 1984 le président fondateur de l’Union des écrivains du Zimbabwe (Zimbabwe Writers Union). Il a fait partie du premier bureau de l’association des droits de l’Homme du Zimbabwe en 1990 (Zimrights).

Ayant pris position contre la politique du président Robert Mugabe, il s’est exilé aux États-Unis et a rejoint en 2007 l’Université Brown, à Providence dans l’État de Rhode Island.

Chenjerai Hove fait partie d’un groupe d’auteurs africains, comprenant Wilson Katiyo, Charles Mungoshi et Yvonne Vera, qui utilise la tradition orale des campagnes shona pour véhiculer un message de résistance à la domination blanche sur l’ancienne Rhodésie.
Il est mort en 2015 en norvège

Chère Sinet, en ce moment je ne peux pas aller le dimanche au catéchisme. L’idée que tu es mon amoureuse a pris la place du catéchisme. La place réservée à Dieu dans ma tête et dans mon coeur a été prise par toi. Peu importent ce qu’en pensent ton père et ta mère. Pourquoi songer à eux? L’amour na n’i père ni mère hormis toi et moi. Il n’a aucun Dieu hormis toi et moi. Mon amour pour toi est plus long que le Mississippi et plus haut que l’Everest… ( Sachenka   )

Marita est une ouvrière agricole, dépossédée de tout, même du fruit de ses entrailles; son fils, parti bon gré, mal gré libérer le Zimbawe du joug de l’apartheid. Petite Mère Courage, elle traverse charniers, brousse, villes, affronte mari, patron, policiers, guérilleros pour le retrouver. C’est Janifa, la fiancée du disparu qui chante la quête de Marita. Ce roman est un poème épique, un chant de libération à plusieurs voix, avec son chœur d’esclaves, ses percussions d’os humains, ses mots tendres, simples et crus issus d’une oralité qui véhicule les images luxuriantes de la terre, de son labeur éreintant. Il appelle à la dignité, au respect du peuple et de la femme noire. Son auteur, né à Mazvihwa (Zimbawe) est enseignant. Ossuaire est son premier roman, primé en 1989 du Noma Award for Publishing in Africa.

Ne ranger pas vos valises ! On repart bientôt ! Le prochain départ sera pour la Bosnie – Herzégovine

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